30 avril 2006
Action politique et justice sociale dès le départ
« L'action politique et sociale est depuis longtemps une priorité de l'AFPC », a déclaré Nycole Turmel, présidente nationale de l'AFPC, au forum sur l'action politique et la justice sociale. « L'action politique est un outil important dans notre combat et au cours des trois dernières années, l'AFPC l'a rehaussé. Les membres partout au pays se sont mobilisés et sont passés à l'action dans les grèves au fédéral et les élections fédérales et provinciales et à bien d'autres occasions. »
L'animateur du forum, le secrétaire-trésorier du Congrès du travail du Canada, Hassan Yussuff, a souligné que l'AFPC est un syndicat « riche en militantisme social ». « Ce forum est important parce que, fondamentalement, nous pouvons agir sur notre monde et sur nos collectivités », a-t-il dit.
Yussuff a aussi fait état du Fonds de justice sociale de l'AFPC qui, a-t-il souligné, a plus de 36 projets au Canada seulement visant à soulager la pauvreté. « Ce forum est approprié, car il montre combien le militantisme peut améliorer nos collectivités et combien la solidarité peut dépasser nos frontières. »
Penser mondialement, agir localement
Alex Munter, qui compte 12 années d'expérience comme conseiller municipal et régional, a fait le lien entre la viabilité de nos villes et le mouvement syndical et la lutte qui se poursuit pour la justice sociale.
La plupart des Canadiens et Canadiennes vivent, travaillent et étudient en milieu urbain. Pourtant, ils sont aux prises avec l'augmentation des coûts et la diminution des services. Selon Munter, il est inadmissible que des gens à revenu moyen subissent des hausses répétées d'impôt foncier de 10 à 30% et une montée en flèche des coûts de l'électricité et du transport. Il est également inadmissible que les villes vendent leurs actifs et privatisent leurs services simplement pour équilibrer leur budget.
Alex Munter a invité les membres de l'AFPC à penser mondialement, mais à agir localement afin de créer des villes qui incluent les citoyens dans la prise des décisions, qui offrent des logements abordables et des services fiables et abordables et qui protègent les ressources de l'environnement. « La santé de notre planète dépend de la santé et du bien-être de nos villes. »
Munter a remercié l'AFPC et ses membres qui, par leur appui et leur engagement actif, ont joué un rôle déterminant dans la reconnaissance du droit au mariage pour personnes de même sexe. « Dans une génération, lorsque nous jetterons un regard rétrospectif sur le passé, nous serons fiers d'avoir pris part au combat pour mettre un terme à l'exclusion et éliminer la notion de citoyen de seconde classe. »
Protéger les services de garde d'enfants
La députée néo-démocrate Olivia Chow (Trinity-Spadina) a insisté sur la nécessité de s'opposer aux inégalités et de donner une voix aux sans-voix, surtout face à l'actuel gouvernement conservateur. Elle a parlé de la crise au Darfour, au Soudan, et a reproché au monde occidental de se désintéresser du drame des victimes de cette crise, qui sont pour la plupart des femmes et des enfants.
Elle a fait état des menaces dirigées contre le projet de programme national de garde d'enfants au Canada. « En 1993, le plan d'action libéral nous promettait un tel programme national. Depuis, toute une génération d'enfants a grandi, mais la promesse n'est toujours pas remplie. Et voilà que l'actuel gouvernement, d'un simple trait de plume, a annulé une loi pour laquelle nous nous sommes battus. »
Olivia Chow est d'avis que la garde d'enfants est une question d'égalité. Elle a souligné que la société considère les « services publics et récréatifs » comme le soin des enfants et des personnes âgées et les soins à domicile comme le travail des femmes, donc comme un travail qui ne mérite qu'un faible salaire. « Nous devons exercer des pressions pour que ces services soient assurés par l'État. »
Vous avez le nombre… et l'imagination
Pour Carole Lavallée, députée du Bloc Québécois ( Saint-Bruno-Saint-Hubert), l'action politique est un moyen d'atteindre la justice sociale. Ancienne directrice des communications du Parti Québécois et conseillère en communications au Bloc Québécois, elle a élaboré plusieurs campagnes politiques. Elle a voulu partager son expérience en parlant du projet de loi anti-scab que le Bloc entend déposer à nouveau dès la semaine prochaine, pour la dixième fois.
«Les membres de l'AFPC sont surtout et avant tout des électeurs, a-t-elle indiqué. Vous avez le nombre, vous avez la force, vous avez la détermination et vous avez l'imagination. Je voudrais que ce soit la dernière fois que nous présentions un tel projet de loi, » en ajoutant qu'elle veut que l'AFPC et le Bloc travaillent ensemble pour le faire approuver. « Cette fois-ci nous allons gagner. »
Son plan d'action est très direct. En plus des réunions de stratégie entre l'AFPC et le Bloc, elle ajoute des actions que les activistes syndicaux connaissent bien : le pointage de députés selon leur vote dans le passé, du lobbying, des lettres aux medias, et plus encore. Mais elle propose également de tenir une journée « anti-scab » à Ottawa afin de sensibiliser le public et d'obtenir des rencontres avec les députés pour obtenir leur appui. « Avec de l'audace, de l'imagination et beaucoup de communiqués de presse, on va l'avoir cette fois-ci, » a-t-elle prédit, au grand plaisir des délégués.
Une question de mobilisation et d'organisation
Selon Jim Sinclair, président de la Fédération du travail de la Colombie-Britannique, il y a un lien étroit entre les syndicats et la démocratie. « Dans les pays où il n'y a ni démocratie ni liberté, a-t-il dit, les syndicalistes se cachent ou sont soit emprisonnés, soit morts ». Sinclair a soutenu que la privatisation, la sous-traitance, le pouvoir croissant des entreprises, les opérations commerciales et les réductions d'impôt offertes aux riches nuisent à la participation citoyenne et aux droits dans le domaine du travail.
Jim Sinclair a décrit comment le mouvement syndical a participé à la mobilisation des travailleurs et travailleuses de sa province dans le domaine politique. « Tout comme pour le processus de négociation, c'est une question de mobilisation, d'organisation, de sensibilisation et d'action. »
Un an avant les élections municipales en Colombie-Britannique, le mouvement syndicat a recruté des candidats et candidates, organisé des services de sollicitation par téléphone et fait des envois postaux. Grâce à ces efforts, plus 250 candidates et candidats progressistes ont été élus. Aux dernières élections provinciales, le mouvement syndical a remporté un succès comparable après avoir distribué près d'un million de feuillets d'information, fait 250 000 appels téléphoniques et formé des membres pour parler des enjeux politiques dans les milieux de travail. Selon Sinclair, si les membres des syndicats votaient dans leur propre intérêt, la loi anti-briseurs de grève serait chose acquise.
L'AFPC appuie la campagne de syndicalisation à Rogers
Des délégués du congrès ont visité le Centre d'appels de Rogers à Toronto afin de distribuer de la documentation du syndicat et d'inviter les travailleurs et travailleuses à signer une carte d'adhésion à l'AFPC.
Selon Gordon Lee, employé de Rogers et un des organisateurs de la campagne, « la campagne se déroule bien, mais on fait face à des embûches. Bon nombre des techniciens et techniciennes habitent au Canada depuis peu et ne connaissent pas bien les lois du travail. Ils craignent que leur superviseur apprenne qu'ils ont adhéré au syndicat. Alors nous essayons de leur faire connaître leurs droits. » M. Lee, qui a été licencié en 2003, a depuis repris son travail grâce à l'intervention de l'AFPC.
Marilyn Adlam, vice-présidente régionale du Syndicat des employés des postes et communications pour l'Ontario, est d'avis que les centres d'appels et le SEPC cadrent bien ensemble. « Nous avons en commun avec les travailleurs et travailleuses de Rogers les communications et l'AFPC offre sa protection contre les congédiements illégaux. . »
Les personnes qui travaillent au centre d'appels de Rogers à Toronto assurent le soutien technique pour les services Internet. Pour plus de renseignements sur la campagne, consultez le site Web suivant : http://www.gopsac.com/index.shtml.
Jour de deuil national
Les participantes et participants à la table ronde ont entendu une déclaration en hommage à leurs consœurs et confrères blessés ou tués au travail.
« En soulignant le Jour de deuil national, nous manifestons notre volonté de rendre les milieux de travail plus sécuritaires, tout en désirant changer la culture du travail pour mettre fin aux ravages dans tous les lieux de travail, partout au pays, » peut-on lire dans la déclaration de l'AFPC qui demande aussi aux membres d'appuyer les employés de la Colline qui ne sont toujours par protégés par une loi sur la santé et la sécurité.
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