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Campagnes d'action politique
Rétablir le Programme de contestation judiciaire
Le 4 octobre 2006
Le Très Honorable Stephen Harper
Cabinet du Premier ministre
80 rue Wellington, Ottawa
K1A 0A2
Monsieur le Premier ministre,
Nous vous prions, par la présente, de rétablir le Programme de contestation judiciaire. Ce n’est que par un tel geste que vous prouverez que votre gouvernement entend respecter les droits humains des citoyens canadiens.
La Constitution canadienne édicte d’importants droits, notamment le droit des groupes minoritaires de langue officielle à l’éducation et aux services gouvernementaux dans leur propre langue ainsi que le droit à l’égalité devant et selon la loi, au même bénéfice et à la même protection de la loi indépendamment de toute discrimination. Mais ces droits sont vides de sens s’ils ne peuvent être appliqués ou exercés par les personnes et groupes visés.
Depuis l’adoption de la Charte, il y a vingt-cinq ans, les gouvernements fédéraux ont successivement reconnu qu’il leur incombait de financer les minorités défavorisées afin qu’elles puissent faire avancer des actions en justice fondées sur la Charte.
En contribuant modestement aux coûts de ces importantes causes-types portant sur les droits linguistiques et les droits à l’égalité, le Programme de contestation judiciaire a permis aux Canadiens d’avoir accès à ces droits constitutionnels. Car, sans le Programme de contestation judiciaire, seuls les plus fortunés peuvent se prévaloir de ces droits. Cela est injuste et va à l’encontre de la règle de droit, principe fondamental de notre Constitution.
Selon les médias, l’honorable John Baird a déclaré qu’il était illogique «pour le gouvernement de subventionner des avocats afin qu’ils puissent contester ses propres lois devant les tribunaux» Cette déclaration implique que: 1) les avocats sont les principaux bénéficiaires du programme et que 2) le gouvernement n’accepte aucune contestation de ses propres lois. Ces deux points méritent d’être approfondis.
Premièrement, les bénéficiaires du PCJ sont des groupes et des particuliers qui jugent que des lois et politiques exercent une distinction illicite à leur égard ou les privent de leurs droits linguistiques. À cause de la complexité des contestations constitutionnelles, ils doivent être représentés par des avocats pour faire avancer leurs plaintes. Deuxièmement, lorsqu’un pays comme le Canada édicte des droits constitutionnels, il présume que les résidents estimant que leurs droits sont violés par le gouvernement, seront en mesure de contester la loi ou politique fautive et la contesteront. Mais si des embûches financières empêchent les résidents d’exercer leurs droits, alors la démocratie constitutionnelle du Canada est vaine. Les gouvernements doivent veiller à ce que les droits accordés ne soient pas vides de sens. Et, d’une manière simple et modeste, le PCJ a contribué à la consolidation de cette garantie. Soulignons que les contributions du PCJ sont loin d’assurer un accès universel à l’exercice des droits linguistiques et des droits à l’égalité visés par la Constitution. Le PCJ n’offre qu’une aide financière limitée pour des causes-types particulières.
Certaines causes financées par le PCJ ont déplu aux détracteurs de ce programme, notamment celles liées au mariage homosexuel, au droit de vote des prisonniers fédéraux ou à des dispositions du droit criminel concernant les enfants battus. Ce n’est pas parce que le programme a financé certaines causes-types critiquées par quelques groupes et particuliers, qu’il faut l’annuler. Aucun d’entre nous n’approuvera systématiquement toutes les causes-types appuyées par le PCJ. De plus, un régime de droits humains constitutionnels doit veiller à respecter la diversité des plaintes, des points de vue et des expériences de vie et à en tenir compte dans l’élaboration de ses lois et politiques. Les droits linguistiques et la garantie d’égalité ont été stipulés dans la Constitution pour aider les minorités, dont les besoins et les points de vue étaient occultés par les gouvernements, à être entendues sur des questions les touchant particulièrement. Annuler le Programme de contestation judiciaire ne servira qu’à juguler ces groupes et à faire du Canada une société moins tolérante et plus intraitable.
Le ministre de la Justice, l’honorable Vic Toews, a questionné l’imputabilité du Programme de contestation judiciaire. Cette objection ne tient pas. Le Programme de contestation judiciaire s’est comporté comme un organisme efficace et responsable facilitant l’accès à la justice. Il soumet, au gouvernement, des rapports trimestriels sur ses activités et un rapport annuel avec des données sur le nombre et le type de causes financées. Ces rapports annuels sont des documents publics, disponibles sur le site du PCJ à l’adresse: www.ccppcj.ca. Ce programme a été examiné à trois reprises par des évaluateurs indépendants et, tout récemment en 2003-2004. Il a chaque fois fait l’objet d’un rapport extrêmement élogieux.
Le PCJ est soumis à des restrictions légales quant à la divulgation des renseignements relatifs aux causes jugées par les tribunaux. Ces renseignements sont protégés par le secret professionnel client-avocat et ne peuvent être communiqués par le PCJ, tout comme les sociétés d’aide juridique ne peuvent divulguer des informations sur leurs clients. Cette protection de l’information, assumée par le PCJ, a été statuée par la Cour fédérale dans un jugement prononcé en l’an 2000 (L’Hirondelle c. la Reine)
En d’autres mots, Monsieur le Premier ministre, les critiques manquent de profondeur alors que le besoin d’un tel programme est criant. Il est inquiétant de constater que dans un exercice de compressions budgétaires, votre gouvernement ait décidé d’annuler ce programme, considéré par de nombreux Canadiens comme la pierre angulaire de notre système judiciaire.
La reconnaissance des droits des personnes et des groupes défavorisés, garantis par la Charte, est l’une des valeurs fondamentales du Canada. C’est un engagement que vous avez pris au cours de la dernière campagne électorale lorsque vous avez déclaré, Monsieur le Premier Ministre, qu’un gouvernement Conservateur élu «articulerait les valeurs canadiennes fondamentales sur la scène internationales», incluant «la règle de droit», «les droits de la personne» et «la compassion pour les moins fortunés».
En mai 2006, votre gouvernement a comparu devant un Comité des Nations Unies à Genève, pour justifier son engagement envers les droits de la personne au Canada. Et, comme preuve de cet engagement, il a valorisé le Programme de contestation judiciaire. Votre gouvernement a écrit au Comité des Nations Unies:
Le Programme de contestation judiciaire (PCJ) offre un financement pour les causes types d'importance nationale afin de bien expliquer les droits des groupes de langue officielle en situation minoritaire et les droits à l'égalité des membres de groupes défavorisés.
Le gouvernement ne peut pas appuyer toutes les contestations judiciaires, mais ce programme canadien tout à fait unique a permis de soutenir un certain nombre d'affaires importantes présentées devant les tribunaux qui ont eu des incidences directes sur le respect des droits linguistiques et des droits à l'égalité au Canada. Selon une évaluation récente, il y a encore certaines dimensions des dispositions constitutionnelles visées présentement par le PCJ qui doivent être clarifiées, et le programme actuel a été prolongé jusqu'en mars 2009.
L’annulation de ce programme contredit la position que votre gouvernement et vous avez publiquement soutenue en ce qui a trait à la Charte et aux droits de la personne.
L’annulation de ce programme est un manque profond respect envers les Francophones hors Québec, les Anglophones au Québec et tous les Canadiens susceptibles de se prévaloir de la garantie des droits à l’égalité, notamment les femmes, les autochtones, les personnes handicapées, les membres des minorités raciales, les immigrants, les réfugiés, les gais et lesbiennes, les enfants et les personnes âgées.
Les lois canadiennes ne sont pas parfaites. Ceux qui en dénoncent les imperfections afin de pouvoir vivre sur le même pied d’égalité que les autres, méritent d’être entendus. En annulant le Programme de contestation judiciaire, votre gouvernement a indiqué qu’ils ne le seront pas et qu’ils ne le méritent pas.
Nous vous prions, Monsieur le Premier ministre, de révoquer votre décision et de nous rendre un Canada soutenant les droits de la personne.
Cordialement,
Nathalie Des Rosiers
La doyenne
Faculté du droit civil
Université d’Ottawa
Ottawa, Ontario
K1N 6N5
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A. Wayne McKay
Professor of Law
Dalhousie Law School
Halifax, Nova Scotia
B3H 4H9 |
Au nom de:
Action Canada for Population and Development
Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF)
African Canadian Legal Clinic
Alberta Association for Community Living
Alliance for Equality of Blind Canadians / L'Alliance pour l'ÉgalitÉ des Personnes
Aveugles du Canada (AEBC)
ARCH Disability Law Centre/ ARCH Centre du droit des personnes handicapées
Association des juristes d'expression française de la Colombie-Britannique
Association des juristes d'expression française du Nouveau-Brunswick - AJEFNB
Association of Chinese Canadian Lawyers of Ontario
B.C. Human Rights Coalition
BC Coalition of People with Disabilities
Brain Injury Association Network (B.I.A.N.)
Breast Cancer Action Montreal
Canadian Arab Federation
Canadian Association for Community Living
Canadian Association of Elizabeth Fry Societies (CAEFS)
Canadian Association of Law Teachers (CALT)
Canadian Association of the Deaf / L'Association des Sourds du Canada
Canadian Auto Workers Union CAW-TCA CANADA
Canadian Bar Association/ L’Association du Barreau Canadien
Canadian Council for Refugees/ Conseil canadien pour les réfugiés
Canadian Council of Muslim Women
Canadian Federation of Students/Fédération canadienne des étudiantes et étudiants
Canadian Feminist Alliance for International Action
Canadian Hard of Hearing Association
Canadian Health Coalition
Canadian Internet Policy and Public Interest Clinic (CIPPIC) University of Ottawa,
Faculty of Law
Canadian Research Institute for the Advancement of Women (CRIAW)/
Canadian Union of Public Employees / Syndicat canadien de la fonction publique
Canadian Union of Public Employees Local 2204
Canadian Union of Public Employees Local 3260
Canadian Women's Health Network
Canadians for Equal Families
Canadians for Equal Marriage / Canadiens et Canadiennes pour le droit égal au mariage
Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractére sexuel (Calacs) région Côte-Nord
Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Rimouski
Centre de Communication Adaptée (CCA)
Centre de femmes l'Éclaircie
Centre d'éducation des femmes
Centre Entre-Femmes de Rouyn-Noranda
Centre québécois de la déficience auditive / Quebec Centre for the Hearing Impaired
CFT French Legal Aid Services/Services d'aide juridique du CFT
Charter Committee on Poverty Issues
Child Care Advocacy Association of Canada
Child Care Workers of Eastern Ontario
Chinese Canadian National Council, Ottawa Chapter
Coalition of Persons with Disabilities (COD) - NL
Community Advocates Network
Community Business and Professional Association of Canada
Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN)
Congress of Black Women of Canada, Manitoba Chapter
Council of Canadians with Disabilities (CCD)/ Conseil des Canadiens avec Déficiences
Cross-Disabilities, Genders, and Sexualities Working Group
Dalhousie Legal Aid Service
DisAbled Women's Network (DAWN) Ontario/Le Réseau des femmes handicapées de l'Ontario
DisAbled Women's Network Canada (DAWN Canada)
Disabled Workers' Complex Case Network Inc.
Dundurn Community Legal Services
East Toronto Community Legal Services Inc.
Egale Canada
Elementary Teachers' Federation of Ontario - Bluewater Local
Elizabeth Fry Society of Manitoba
Ethno Racial People with Disabilities Coalition of Ontario (ERDCO)
Excalibur Learning Resource Centre Canada Corp
Family Alliance Ontario
Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA)
Fédération des associations de juristes d’expression française de common law inc.
Fédération des femmes du Québec
Federation of Post-Secondary Educators of BC
Feminist Coalition of Newfoundland and Labrador
Feminists for Just and Equitable Public Policy (FemJEPP)
Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
Greater Vancouver Association of the Deaf
Grey-Bruce Community Legal Clinic
Halton Community Legal Services
Hamilton Mountain Legal & Community Services
Income Security Advocacy Centre
Institut Canadien De Recherches Sur Le Femmes (ICREF)
Jamaican Canadian Association, Toronto
Jesuit Centre for Social Faith and Justice
John Howard Society of Manitoba Inc.
Justice for Girls
Kamloops and District Elizabeth Fry Society
Kelowna Women's Resource Centre
Kenora Community Legal Clinic Suite
Kensington Bellwoods Community Legal Services
Kitchen Table Collective (KTC)
La Table Régionale des Organismes Volontaires d'Éducation Populaire de la Montérégie (TROVEPM)
L'Association multi-ethnique pour l'intégration des personnes handicapées
Law Office of Mary Eberts
Law Union of Ontario
Le Centre francophone de Toronto
Le Comité des langues officielles de l’Association du Barreau de l’Ontario /The
Official Languages Committee of the Ontario Bar Association
Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec
Le Mouvement Action Chômage Pabok Inc
Le Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ)
Les Centres d’Accueil Héritage, Toronto
Les Frères et Soeurs d'Émile-Nelligan
Let's Teach About Women
LIFT - Low Income Families Together
Ligue des droits et libertés du Québec
Mad Student's Society
Maison l'Océane
Malaspina Faculty Association
MATCH International
Metro Toronto Chinese & Southeast Asian Legal Clinic
Mokami Status of Women Council
Mouvement d'éducation populaire autonome de Lanaudière (MÉPAL)
Mouvement d'education populaire et d'action communautaire du Québec
National Action Committee on the Status of Women(NAC)/Le Comité Canadien
D'Action Sur le Statut de la Femme(CCA)
National Association of Women and the Law/Association nationale Femmes et droit
National Council of Women of Canada/Le Conseil national des femmes du Canada
National Eating Disorder Information Centre
Newfoundland and Labrador Provincial Advisory Council on the Status of Women
Nipissing Community Legal Clinic/La Clinique Juridique Communitaire de Nipissing
North Bay & District Labour Council
North Bay Network for Social Action
Northern Society for Domestic Peace
Nouveau Départ National
Okanagan Advocacy and Resource Society (OARS)
Ontario Council of Agencies Serving Immigrants (OCASI)
Osgoode Hall Law Union
Pacific DisAbled Women's Network (Pacific DAWN)
Parkdale Community Legal Services
PEI Council of the Disabled
PRAXIS Conflict Consulting
Promotion handicap Estrie Inc.
Provincial Association of Transition Houses and Services of Saskatchewan
Provincial Council of Women of Manitoba, Inc.
Public Service Alliance of Canada/Alliance de la Fonction publique du Canada
Quebec Community Groups Network
Quebec English School Boards Association (Association des commissions scolaires anglophones du Québec)
Quebec Native Women/Femmes Autochtones du Québec
Refugee Law Office, Toronto
Registered Nurses' Association of Ontario
Regroupement des centres de femmes du Québec
Regroupement de femmes de l'Abitibi-Témiscamingue
Regroupement des associations de personnes traumatisées cranio-cérébrales du Qubébec (RAPTCCQ)
Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale
Regroupement québécois des Cenres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)
Response: A Thousand Voices
Roach, Schwartz and Associates
Saskatchewan Voice of People with Disabilities
Selkirk College Faculty Association
Smith & Hughes Law Firm
Social Planning and Research Council of British Columbia (SPARC BC Society)
Société Logique
South Ottawa Community Legal Services
South-East Ottawa Centre for a Healthy Community /Centre du sud-est d'Ottawa pour une communauté en santé
Students, Recent Graduates, and Legal Workers working group(Law Union of Ontario)
The Canadian Hearing Society/ La Société Canadienne de l' Ouïe
The North Shore Women's Centre
Toronto Disaster Relief Committee
Toronto Women for a Just and Healthy Planet
Toronto Women's Call to Action
Transportation Action Now
United in Marriage (a program of the United Church of Canada)
University of Victoria Association for Women
University of Western Ontario Faculty Association
Urban Alliance on Race Relation
Vancouver Rape Relief and Women's Shelter
Victoria Youth Empowerment Society
West Coast Women's Legal Education & Action Fund (LEAF)
Women Elders in Action (WE*ACT)
Women for a Just and Healthy Planet
Women of Halton Action Movement, WHAM
Women’s Legal Education and Action Fund (LEAF), Toronto Chapter
Women’s Legal Education and Action Fund Inc. (LEAF)
Women's Health Clinic, Winnipeg
Womenspace
Yukon Status of Women Council
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