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La mondialisation

Je veux terminer le volet externe de cette introduction en m’éloignant des questions touchant le Canada et en abordant les pressions que la mondialisation exerce sur nos effectifs et sur notre société.

Ce n’est pas une question à laquelle l’AFPC a accordé beaucoup d’attention depuis l’Accord de libre-échange - même à l’époque, nous étions loin d’être à l’avant-garde ; néanmoins, c’est une question qu’il nous faut aborder, car, bien que les répercussions de la mondialisation sur nos membres soient difficiles à cerner, et encore plus difficiles à expliquer, la mondialisation a eu et continuera d’avoir des conséquences excessivement négatives pour nos membres.

À mon avis, il y a deux niveaux de mondialisation qui sont très préoccupants pour nous.

Le premier niveau, celui des structures officielles, l’AMI, le GATT, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, est facile à identifier. Ces structures sont visibles, elles font la nouvelle, elles suscitent des manifestations et elles ressemblent à une offensive organisée. Collectivement, elles constituent une menace à tout, depuis le développement du tiers monde jusqu’aux soins de santé publics. Quelques-uns de nos membres et de nos employés ont manifesté dans les rues de Seattle, l’automne dernier - c’est super. Mais nous n’y avons pas participé sur le plan national. L’occasion est toujours là cependant, et nous devons en profiter parce que la bureaucratie internationale, et les politiques qu’elle défend, posent un risque grave aux services que plusieurs de nos membres dispensent et auxquels ils ont tous recours.

Le deuxième niveau est moins visible mais tout aussi insidieux. Qu’on le veuille ou non, nous vivons dans un monde où les frontières sont tombées, du moins - pour paraphraser les années 60 - pour la classe dirigeante. Notre proximité des États-Unis fait en sorte que les campagnes politiques, les campagnes sur le droit au travail et autres semblables franchissent la frontière assez rapidement. Dans quelques jours à peine, nous saurons si les Républicains vont reconquérir la Maison-Blanche. Si Bush remporte les élections, nous pouvons nous attendre de voir encore le programme favorable à l’entreprise et antisyndical, qui caractérise son État d’origine, franchir la frontière.

Ce n’est pas uniquement les États-Unis que nous devons craindre. Des maladies telles des contrats individuels et autres expériences en milieu de travail en Nouvelle Zélande, en Australie, en Europe et ailleurs parviennent au Canada comme les moules zébrées, la maladie hollandaise de l’orme et autres maladies du domaine matériel. Cela n’est pas étonnant : si vous consultez l’annuaire téléphonique du gouvernement, vous y trouveriez une liste considérable de directeurs généraux, de SMA et autres qui ont été affectés pendant quelques années à d’autres gouvernements. Ainsi, le cycle se poursuit toujours. Ces gens vont observer, et ce qu’ils rapportent est souvent cause de problèmes pour les travailleurs et travailleuses.

Au début de cette semaine, le CEA a approuvé un projet de recherche avec le SCFP et le SNEGSP au sujet des répercussions du GATT sur les services de soins de santé. Il s’agit du début d’un processus visant à réintégrer l’AFPC dans le débat sur la mondialisation. Comprenons-le bien : nous devons être réintégrés, car, même s’il semble que la mondialisation est concentrée sur le secteur privé, une partie du programme, une grande partie même, consiste à réduire, à restreindre, voire peut-être à éliminer la souveraineté du gouvernement et sa capacité d’agir. En termes concrets, cela accroîtra sans aucune doute la privatisation. C’est un fléau ; et, comme organisme représentatif des travailleurs et travailleuses du secteur public, et comme organisation progressive sociale, nous devons nous impliquer.

Comme par hasard, le prochain Sommet des Amériques aura lieu à Québec au printemps 2001, et j’aimerais beaucoup que l’AFPC soit un intervenant important dans l’opposition internationale contre leurs projets. Ne nous méprenons pas : le GATT représente une attaque contre les services publics dans le monde entier, et cela aura des conséquences profondes et persistantes sur nos membres.

Par conséquent, j’aimerais que nous intervenions davantage sur le plan de la mondialisation. C’est l’une des questions à l’ordre du jour du Conseil pour l’an prochain, soit en janvier ou en mai, selon ce que nous pourrons faire vis-à-vis le prochain gouvernement. Aussi, tous les membres du personnel, aux paliers régional et national, qui peuvent examiner l’impact de la mondialisation sur leur travail, nous rendront un grand service.

Mise à jour : 14/05/03