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Modernisation de la fonction publiqueConseil national d'administration - En-ligne
Voici notre position sur
le Comité consultatif sur les
relations patronales-syndicales dans la fonction publique fédérale (le Comité
Fryer)
Le Comité Fryer, de quoi sagit-il et les raisons pour lesquelles vous devriez être
préoccupés !
À lautomne de 1999, le
secrétaire du Conseil du Trésor a nommé John Fryer à la tête dun comité
chargé de réaliser une étude des relations patronales-syndicales dans le secteur public
fédéral ainsi que des rapports en matière de négociation collective entre le
gouvernement fédéral et les syndicats représentant les travailleuses et les
travailleurs fédéraux. Jusque là, tout va bien !
Enfin, après une décennie et demie de compressions de toutes sortes, de blocage des
salaires par voie législative, de réductions demploi, de sous-traitance, de
conditions demploi imposées, de privatisation et de lois du travail parmi les plus
draconiennes de notre histoire, les pouvoirs publics décidaient quil leur fallait
examiner, revoir et modifier la façon dont ils négocient avec les syndicats qui
représentent leur effectif.
Après sa nomination, M. Fryer sest adjoint neuf
hauts fonctionnaires de lÉtat, actuels et anciens, représentantes et
représentants syndicaux et universitaires. En mai 2000, seulement huit mois après sa
création, le Comité Fryer rendait public son premier rapport -
« Lidentification des enjeux » - qui atteint la cible plus souvent
quautrement. Tout va encore bien jusquici !
Dans son rapport, le Comité na pas trop mâché ses
mots, comme en témoigne ce passage tiré de la conclusion :
« Les
conclusions qui ressortent de toutes ces consultations sont
remarquablement cohérentes. Les représentants des syndicats et de l’employeur
reconnaissent que le niveau de confiance entre les parties est faible
et qu’il s’est détérioré ces dernières années. Ils pointent
du doigt le pouvoir que détient l’État dans son double rôle d’employeur
et de législateur comme étant à l’origine du sentiment d’impuissance
et de frustration qui s’est installé. Ce pouvoir a été utilisé
à une fréquence accrue durant la dernière décennie, sous la forme
de gels des salaires, de suspension du droit à la négociation
collective et à l’arbitrage, et de lois de retour au travail. Les
parties ont affirmé que le recours fréquent à la législation avait
compromis leur capacité de résoudre conjointement les problèmes qui
se posent. Comme l’a noté un sous-ministre, l’« intervention
unilatérale du gouvernement a miné la confiance à l’égard du
régime. »
Forts de l’analyse faite par le Comité
Fryer, l’AFPC et d’autres intervenants avaient lieu d’espérer que
le Comité recommanderait en définitive une réforme du paysage de la
négociation dans le secteur public fédéral propre à répondre aux
besoins de l’AFPC et de ses membres. Notre espoir a commencé à se
dissiper lorsque nous avons comparu, le 30 août, devant le Comité
Fryer pour discuter de la deuxième étape de ses travaux, c’est-à-dire
les recommandations.
À cette occasion, M. Fryer s’est
inscrit en faux contre les arguments que nous avons fait valoir, à
savoir :
« Si vous
voulez avoir un effet durable sur le milieu des relations de travail
dans le secteur public fédéral, vous devez faire savoir clairement
que le principal problème qui existe est inhérent à des relations
où l’État joue un double rôle d’employeur et de législateur,
et n’a jamais répugné à prendre des mesures unilatérales lorsqu’il
n’obtient pas ce qu’il veut.
« Selon
nous, vous devez donc dénoncer énergiquement le recours par les
pouvoirs publics à des lois de retour au travail et prendre d’importantes
mesures sous forme d’une recommandation visant à mettre fin à
cette pratique. Autrement, rien de ce que vous dites ou faites n’aura
de chance de rétablir la confiance dans le système. C’est aussi
simple que cela. »
M. Fryer a répondu que l’État n’accepterait
jamais de restreindre son privilège exclusif d’intervenir par voie
législative et qu’il ne recommanderait donc rien qui risquerait de ne
pas obtenir l’appui des législateurs. Incontestablement, les choses
se gâtent ! De toute évidence, M. Fryer a été nommé pour
cerner les problèmes et proposer des solutions constructives, non pour
formuler des recommandations qui plaisent simplement au parti au pouvoir.
À partir de ce moment-là, les choses se
sont carrément dégradées. Même si M. Fryer a soutenu qu’il n’apposerait
jamais sa signature sur un rapport qui éliminerait le droit à la
grève, plusieurs de ses observations et questions nous ont amenés à
penser qu’il a la ferme intention d’accroître le nombre d’étapes
à suivre durant le processus de négociation, ce qui rendrait plus
difficile d’exercer le droit à la grève et porterait peut-être
atteinte à l’autonomie des syndicats et des groupes de négociation.
Mesures que prend l’AFPC
pour modifier le cours des travaux du Comité Fryer !
Trois semaines, jour pour jour, après
que M. Fryer a commencé à parler ouvertement d’un éventuel
processus de négociation plus long accordant moins d’autonomie aux
groupes de négociation, Nycole Turmel, présidente de l’AFPC, a
participé à une table ronde avec M. Fryer et le secrétaire du Conseil
du Trésor, Frank Clayton, dans le cadre du colloque organisé par le
Conseil national mixte pour discuter du premier rapport du Comité.
Voici, en gros, la teneur des propos qu’elle a alors tenus :
- En ce qui
concerne la réforme du cadre législatif régissant la négociation
collective dans le secteur public fédéral, l’AFPC a comme
position que la priorité absolue est double, à savoir qu’un
cadre législatif redéfini et réorienté doit prévoir un certain
équilibre des forces entre l’employeur et les syndicats qui
représentent les travailleuses et les travailleurs du secteur
public fédéral, et éliminer simultanément les obstacles au
déroulement d’un processus de négociation efficace, rapide et
complet.
- Je tiens aussi
à faire savoir clairement que, selon l’AFPC, même si la réforme
fait, à juste titre, l’objet d’une attention prioritaire,
celle-ci ne doit pas servir d’excuse pour contester la
légitimité des unités de négociation existantes ou lui porter
atteinte.
- Donc, par
exemple, une réforme de la négociation dans le secteur public, qui
compromet l’autonomie des unités de négociation prises
individuellement, ne nous intéresse absolument pas. Cela vaut
également pour un système qui nous oblige à négocier toutes
unités de négociation confondues.
- Nous soutenons
également que l’intégrité de nos unités de négociation doit
demeurer intacte dans tout cadre législatif révisé sur la
négociation, et que les unités doivent continuer à avoir droit de
négocier individuellement toutes les questions qui font partie de
leurs conventions collectives respectives.
Quoi qu’il en soit, M. Fryer est passé
à côté de la question. Nous avons donné suite à cette intervention
de la présidente de l’AFPC en adressant à M. Fryer une longue lettre
« musclée », afin d’exposer la position de l’AFPC
en termes aussi clairs et non équivoques que possible. Nous nous
engageons aussi à continuer de veiller à ce que la position de l’AFPC
concernant les questions fondamentales que comporte toute tentative de
réforme des relations de travail dans le secteur public fédéral soit
bien connue et défendue vigoureusement à chaque occasion qui se
présente.
Par conséquent, lorsque nous participerons, en octobre de
cette année, à une table ronde portant sur la question dans le cadre du Forum des
politiques publiques, nous transmettrons le même message, à savoir que les principaux
problèmes concernant les relations patronales-syndicales dans le secteur public fédéral
et le processus de négociation collective sont les suivants :
- l’État peut invoquer et invoque
effectivement son privilège exclusif d’intervenir par voie
législative pour obtenir ce qu’il veut ;
- la Loi sur les relations de travail
dans la fonction publique est désuète et, en matière de
négociation, fait pencher la balance en faveur de l’employeur ;
- la Commission des relations de travail dans la fonction
publique et ses procédures retardent le processus de négociation au lieu de faciliter
son déroulement.
Nous continuerons en outre à insister
sur le fait que même si la réforme fait, à juste titre, l’objet d’une
attention prioritaire, celle-ci ne doit pas servir d’excuse pour
contester la légitimité des unités de négociation existantes ou lui
porter atteinte. Bref, la réforme du secteur public doit simultanément
accélérer le processus de négociation et respecter, en matière de
négociation, l’autonomie de chaque groupe de négociation.
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