Communiqué
Le 2 septembre 2003
Comparution de l'AFPC au Sénat : le projet de loi
C-25 comporte toujours de graves lacunes
OTTAWA – L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) demande
au Sénat d'examiner les questions de la dotation et de la
protection contre des représailles à la suite de dénonciations
au sein de la fonction publique fédérale avant que
le projet de loi C-25, la Loi sur la modernisation de la fonction
publique, ne soit adopté. (Lisez le texte de la présentation
en cliquant
ici - format Adobe Acrobat).
Prenant la parole devant le Comité des finances nationales
du Sénat aujourd'hui, la présidente nationale de l'AFPC,
Nycole Turmel, a cité le Programme fédéral
d'expérience de travail étudiant à titre d'exemple
où les gestionnaires ont contourné les mesures de
protection en place relatives à la dotation. « Les
auteurs de la vérification sont arrivés à la
conclusion que 20% de toutes les mesures de dotation avaient été
manipulées pour favoriser l'embauche d'ami-e-s, de parents,
de connaissances ou d'autres personnes "prioritaires".
« Le projet de loi C-25 accorde encore plus de latitude
aux gestionnaires, ce qui risque d'entraîner davantage d'abus.
L'AFPC propose des modifications visant à garantir que le
processus de dotation est juste et transparent et qu'il jouit d'une
certaine crédibilité, non seulement auprès
des employé-e-s fédéraux, mais aussi auprès
de la population canadienne. »
À la suite des événements survenus récemment
au Commissariat à la protection de la vie privée,
il importe de souligner l'importance d'assurer une protection contre
des représailles aux personnes qui ont dénoncé
des actes répréhensibles. « Il ressort
que les travailleuses et travailleurs de la fonction publique ont
un rôle essentiel à jouer dans la protection de l'intérêt
public en divulguant les fautes graves commises dans le milieu de
travail, souligne Turmel. Cependant, le projet de loi C-25, même
après l'amendement apporté par la Chambre des communes,
revient simplement à exiger la reconnaissance officielle
des dispositions actuellement en place.
« La politique actuelle n'a guère été
utile pour empêcher les événements qui se sont
produits au Commissariat à la protection de la vie privée.
Nous considérons qu'il est extrêmement important que
soient adoptés des textes législatifs distincts qui
assurent une entière protection contre toute forme de représailles,
et qui créent un organisme indépendant bénéficiant
de tous les fonds nécessaires et relevant directement du
Parlement. Cependant, le Sénat doit modifier le projet de
loi C-25 afin que les travailleuses et les travailleurs de la fonction
publique soient protégés contre toute forme de mesures
disciplinaires ou de représailles en attendant qu'une nouvelle
loi soit adoptée. »
Nycole Turmel a également saisi l'occasion d'aborder d'autres
questions d'importance. Elle dit douter que le projet de loi vise
réellement à établir des rapports plus constructifs
avec les syndicats fédéraux alors que de nombreuses
dispositions modifient les rapports de force pour faire pencher
la balance encore davantage en faveur du gouvernement.
« Le projet de loi C-25 va beaucoup plus loin que ce
qui est nécessaire pour garantir que des services essentiels
sont en place afin d'assurer la sécurité des Canadiennes
et Canadiens en cas de grève, précise Turmel. Si le
gouvernement entend sérieusement améliorer les relations
syndicales-patronales, il devrait profiter de l'occasion de discuter
avec les syndicats pour négocier une entente au sujet des
services essentiels. Au lieu de cela, la loi laisse toutes les décisions
entre les mains de l'employeur.
« La loi prévoit également que des représentantes
et représentants syndicaux bénévoles pourraient
se voir imposer des amendes allant jusqu'à 10 000 $
et être déclarés coupables par procédure
sommaire pour avoir commis certaines infractions, alors qu'aucune
sanction semblable n'est prévue dans des situations qui impliquent
des représentantes et représentants de l'employeur.
Pareilles mesures pourraient non seulement causer des difficultés
à nos membres mais aussi les décourager d'exercer
leur droit légitime de participer activement à la
vie de leur syndicat. »
- 30 –
Renseignements :
Alain Cossette, Communications AFPC - (613) 560-4317
43-020903
Pour lire le texte de la présentation, cliquez
ici.
|