 |
Communiqué
le 27 novembre 2003
L'AFPC dépose une revendication sur la dénonciation
OTTAWA – L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) a
déposé hier sa revendication sur la dénonciation
dans le cadre des négociations qui se déroulent actuellement
avec les représentants du Conseil du Trésor.
Selon l'AFPC, malgré les appels de la part de l'agent de
l'intégrité de la fonction publique, de la vérificatrice
générale du Canada, de la Commission de la fonction
publique (CFP) et même du grand public pour que le gouvernement
protège les employé-e-s qui « dénoncent »
leur employeur, aucune mesure énergique n'a encore été
prise en cette matière.
« À notre avis, le gouvernement fédéral
a raté une occasion en or de vraiment changer les choses
en milieu de travail lorsqu'il a adopté le projet de loi
C-25, la Loi sur la modernisation de la fonction publique, sans
y apporter un seul amendement concernant la protection des dénonciateurs
et dénonciatrices », soutient Nycole Turmel, présidente
nationale de l'AFPC.
À l'heure actuelle, les travailleuses et travailleurs de
la fonction publique fédérale disposent d'un seul
recours, celui que prévoit la Politique sur la divulgation
interne d'information concernant des actes fautifs au travail. L'équipe
de vérification de la CFP chargée de faire la lumière
sur les événements survenus au bureau du commissaire
à la protection de la vie privée a été
amenée à constater que la politique « ne
constitue pas un mécanisme efficace de correction des actes
fautifs en dotation ».
« En l'absence d'un mécanisme efficace permettant
aux travailleuses et travailleurs de la fonction publique de dénoncer
la corruption ou des actes fautifs sans crainte de représailles,
l'AFPC n'a pas d'autre choix que d'intégrer des mesures de
protection à la convention collective », constate
Mme Turmel. À cette fin, l'AFPC a présenté
hier à l'équipe de négociation du Conseil du
Trésor le libellé contractuel suivant :
« Nulle mesure disciplinaire ne doit être
imposée à l'employé-e qui ne doit pas être
autrement pénalisé, y compris, mais sans s'y limiter,
être rétrogradé, suspendu, mis à pied,
pénalisé financièrement, ou perdre son ancienneté,
ses chances de promotion ou une occasion dans la fonction publique,
après avoir divulgué un acte fautif ou une omission,
notamment, une infraction à une loi du Parlement, à
une loi de la législature d'une province, ou à tout
instrument en vigueur en vertu d'une telle loi; ou après
avoir divulgué un acte ou une omission qui peut entraîner
une perte importante de fonds publics, ou un acte ou une omission
qui peut mettre en danger la santé ou la sécurité
publique, ou l'environnement ».
En 1993, les libéraux ont reconnu que « les fonctionnaires
doivent pouvoir révéler les comportements illégaux
ou peu éthiques dont ils ont connaissance au travail sans
crainte de représailles. Un gouvernement libéral présenterait
une loi sur la dénonciation à la prochaine législature ».
En 2003, le moins qu'on puisse dire, c'est que ces paroles sonnent
bien creux.
« Les actes sont plus éloquents que les paroles.
L'employeur a une autre chance de bien faire les choses. Le choix
est clair : ou bien l'employeur accepte à la table de
négociation d'intégrer à la convention collective
des mesures visant à protéger les dénonciateurs
et dénonciatrices, ou bien il maintient le statu quo. Toutefois,
s'il ne fait rien, il garantit à peu près à
coup sûr la répétition d'incidents semblables
à ceux de l'affaire Radwanski », de conclure Mme
Turmel.
- 30 -
Renseignements :
Liz Holden, communications de l'AFPC,
(613) 560-4280
60-271103
|