Communiqué
le 12 décembre 2003
La réorganisation du gouvernement brouille
les relations du travail dans la fonction publique
OTTAWA – La réorganisation du gouvernement
annoncée à la suite de l'entrée en fonction
de Paul Martin au poste de premier ministre a augmenté l'incertitude
et l'inquiétude au sein du principal syndicat du secteur
public fédéral du Canada.
L'Alliance de la fonction publique du Canada a été
étonnée d'apprendre que la responsabilité de
la négociation collective a été transférée
au ministère des Travaux publics et des Services gouvernementaux
et elle ne voit pas la logique de ce transfert à un ministère
dont les fonctions précises n'ont pas de lien avec la négociation
collective. Depuis 2003, le syndicat négocie avec le Conseil
du Trésor en vue de conclure une nouvelle convention collective
pour environ 90 000 travailleurs et travailleuses de la fonction
publique.
« Les négociations qui ont commencé
en septembre 2003 ont été source de frustration car
le Conseil du Trésor ne semblait pas avoir aucun mandat bien
défini pendant la transition du gouvernement Chrétien
au gouvernement Martin », a déclaré Nycole
Turmel, présidente nationale de l'AFPC.
« Ce transfert de responsabilité
pourrait freiner davantage le processus de négociation et
nuira inévitablement aux services offerts à la population
canadienne. »
En outre, la mise en oeuvre de la nouvelle réforme
législative de la gestion des ressources humaines a été
confiée à une nouvelle agence appelée l'Agence
de gestion des ressources humaines de la fonction publique, sous
la direction du président du Conseil privé de la Reine.
Le Conseil du Trésor se concentrera maintenant sur la surveillance
de la gestion financière des ministères et sur « l'examen
des programmes », un exercice qui a été
un échec manifeste dans le passé.
« Les changements ont essentiellement pour
effet de répartir dans trois organismes différents
trois secteurs importants qui relevaient jusque-là d'un seul
ministère, et cela sans consulter ni les travailleurs et
travailleuses ni les syndicats, de dire Mme Turmel. Cela va jeter
le secteur public fédéral dans le chaos, diminuer
la responsabilisation et nuire aux services offerts au public canadien.
Ironiquement, le nouveau gouvernement parle de "rationalisation". »
Mme Turmel souligne que la réorganisation dans
de nombreux autres ministères et agences accroîtra
le degré d'incertitude et de stress que vivent les employé-e-s
de la fonction publique. « Cela crée un tout nouveau
secteur de travail pour des gens qui, selon des études et
des sondages effectués récemment, ont déjà
une lourde charge de travail qui a bien peu à faire avec
la prestation de services à la population du pays »,
dit-elle.
Le syndicat a écrit à divers ministres
pour exposer ses vues sur certains aspects précis de la réorganisation.
De plus, il réunira d'urgence son conseil d'administration
dans la prochaine semaine pour définir en détail l'incidence
de la réorganisation sur la négociation collective
et les services à la population du Canada.
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Personne-ressource :
Alain Cossette, AFPC, agent de communications
(613) 560-4317
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