Communiqué
le 22 mars 2004
Projet de loi sur la dénonciation
: trop peu, trop tard
OTTAWA – Comme le craignait l'Alliance de la Fonction publique
du Canada, le projet de loi sur la dénonciation présenté
au Parlement aujourd'hui est sans mordant. Le syndicat entend donc
insister auprès du gouvernement pour que la protection des
dénonciatrices et dénonciateurs soit intégrée
aux conventions collectives d'environ 100 000 de ses membres.
« On pourrait se réjouir que, finalement, après
des années de pressions de toutes sortes, le gouvernement
libéral ait présenté un projet de loi sur la
dénonciation. Mais, il est difficile d'oublier que cela s'est
fait dans la foulée des dommages qu'ont laissés les
scandales au sein du gouvernement, qui ont été récemment
mis au jour, souligne le vice-président exécutif national
de l'AFPC, John Gordon. Ce qu'il y a de pire, c'est que le présent
projet de loi décourage les employé-e-s de la fonction
publique à signaler des actes fautifs qui se produisent actuellement
ou qui se produiront dans leurs lieux de travail. »
L'AFPC souligne les faiblesses suivantes du projet de loi :
Le commissaire de l'intégrité de la
fonction publique proposé ne relève pas directement
du Parlement, mais du bureau d'un ministre, ce qui nuira gravement
à l'indépendance de l'agence et à sa crédibilité
au sein des employé-e-s de la fonction publique.
Les dénonciatrices et dénonciateurs
éventuels n'ont pas le droit absolu de s'adresser directement
à l'agence; on les oblige à parler d'abord à
leurs superviseurs. Par exemple, avant de débuter
une enquête, le commissaire doit se satisfaire que les travailleurs
et les travailleuses aient épuisés toutes les autres
avenues avant que l'affaire soit apportée à l'attention
du commissaire.
Des sanctions disciplinaires seront imposées
pour des allégations jugées « farfelues »
ou « vexatoires » ou pour ceux et celles qui n'auront
pas suivi les procédures prévues. Toute mesure de
représailles de la part du gouvernement pourrait avoir un
effet dissuasif sur les dénonciatrices et dénonciateurs
éventuels.
« En raison des lacunes que présente le projet
de loi, tout employé-e de la fonction publique sera forcé
d'y penser à deux fois avant de divulguer des actes
fautifs, souligne Gordon. La situation actuelle nécessite
une solution immédiate et efficace si l'on veut protéger
les dénonciatrices et dénonciateurs et mériter
la confiance du public canadien. Le gouvernement n'a qu'une chose
à faire maintenant, c'est d'intégrer cette protection
dans nos conventions collectives. »
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Renseignements :
Joselito Calugay, Communications
(613) 560-4235
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