Communiqué
le 28 juillet 2005
Le personnel correctionnel et la trahison de la prime de danger
OTTAWA – Le gouvernement fédéral ordonne au Service correctionnel du Canada de cesser de payer l’indemnité de risque à plusieurs milliers de membres de l’Alliance de la Fonction publique du Canada.
«Le Conseil du Trésor a décidé, de façon arbitraire, que 2000 de nos membres ne seront plus indemnisés en raison du stress et du danger auxquels ils sont exposés chaque jour en travaillant au sein du système correctionnel fédéral,» déclare John Edmunds, président du Syndicat des employé-e-s du Solliciteur général, un Élément de l’AFPC. «Et pour comble, le gouvernement compte récupérer une partie des indemnités déjà versées aux employées et aux employés touchés.»
«C’est pour le moins ironique que le gouvernement supprime l’indemnité de risque à compter du 10 août, soit la Journée des prisonniers», affirme Edmunds. «Il se montre tout à fait injuste à l’égard du personnel correctionnel.»
Aux termes de la convention collective conclue entre l’AFPC et le Conseil du Trésor, les travailleuses et les travailleurs ont droit à une indemnité de risque, appelée l’indemnité de facteur pénologique, laquelle est versée en reconnaissance des conditions dangereuses de leur travail. Le gouvernement s’appuie sur une interprétation rigoureuse d’une disposition faisant allusion aux employés qui ont la «garde» de détenus ou de délinquants pour limiter l’indemnité à un moins grand nombre.
Selon Edmunds, la plupart des membres de l’AFPC qui travaillent au sein du système correctionnel sont en relation étroite soit avec des détenus dans les pénitenciers fédéraux, soit avec des délinquants dans des maisons de transition ou en liberté conditionnelle. Bon nombre d’entre eux ont commis des crimes violents, parfois horribles.
«Le gouvernement prétend qu’il a consulté le syndicat et que celui-ci a accepté leur projet de réduire considérablement le nombre de travailleuses et de travailleurs admissibles à l’indemnité», déclare Edmunds. «Cela est carrément faux, c’est une entourloupette qui va à l’encontre des garanties données au syndicat, lors de la dernière ronde de négociations en 2004, de ne pas abolir les indemnités.»
«Quiconque estime que nos membres ne font face à aucun danger devrait se rappeler Louise Pargeter, l’agente de libération conditionnelle qui a été brutalement assassinée l’année dernière dans l’exercice de ses fonctions. Le gouvernement entend retirer l’indemnité à certains de nos membres qui étaient ses collègues et qui effectuent le même genre de travail.»
Les membres de l’AFPC/SESG dressent des piquets d’information pour envoyer un message au SCC et au Conseil du Trésor: la suppression et la récupération de l’indemnité de risque est inacceptable.
«Nous sommes d’avis que cette mesure a été prise de mauvaise foi par le Conseil du Trésor et qu’elle contrevient aux dispositions de la convention collective», ajoute Edmunds. «La présidente nationale de l’AFPC, Nycole Turmel, a écrit aux responsables du Conseil du Trésor pour les convier à une rencontre avant la date de mise en oeuvre du 10 août et avant que le gouvernement ne prenne d’autres mesures».
L’AFPC/SESG représente plus de 5600 travailleuses et travailleurs au SCC affectés à diverses fonctionsdans les pénitenciers fédéraux: libération conditionnelle, programmes sociaux, conduite de véhicules, enseignement, plomberie, technique en pharmacie, services d’alimentation et soutien administratif.
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Renseignements : Alain Cossette, Communications AFPC
(613) 560-4317 ou (613) 293-9210
38-280705
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