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Des leaders syndicaux canadiens participent à la tournée syndicale en Colombie

17 juillet 2008

Arrivée d'un premier dirigeant syndical en Colombie

Le confrère Denis Lemelin, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), a été le premier des quatre dirigeants syndicaux nationaux du secteur public à arriver en Colombie. Les quatre leaders effectueront dans ce pays une tournée d'une semaine à partir du 18 juillet prochain. À son arrivée, le confrère Lemelin a été accueilli par des membres du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes de la Colombie (Sindicato de Trabajadores Postales de Colombia – STPC).

Le confrère Lemelin sera rejoint par Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), John Gordon, président national de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

Les quatre dirigeants syndicaux se pencheront sur les droits de la personne et les droits dans le domaine du travail et les conditions de travail. Ils échangeront aussi des points de vue sur le libre-échange. Ils s'entretiendront avec l'ambassadeur canadien sortant, de même qu'avec des représentants du gouvernement colombien et des membres de l'opposition. En compagnie de syndicalistes du secteur public de la Colombie, ils discuteront de privatisation et d'autres problèmes qui touchent ce secteur.

Les quatre dirigeants syndicaux reviendront au Canada le 25 juillet prochain.

18 juillet 2008

Arrivée des dirigeants syndicaux à Bogota

Le 18 juillet, les dirigeants des syndicats du secteur public du Canada sont arrivés à Bogota pour entreprendre une tournée d'une semaine en Colombie. Leur objectif : s'informer des possibles répercussions d'un traité de libre-échange canado-colombien sur les travailleuses et travailleurs et leurs familles.

Les dirigeants ont notamment été accueillis à l'aéroport par des membres du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes de la Colombie et par l'ombudsman des droits de la personne de l'association des employées et employés de la fonction publique.

La délégation des dirigeants syndicaux, arrivée à Bogota le 18 juillet, est composée de John Gordon, président national de l'Alliance de la fonction publique du Canada, de Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la fonction publique et de George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public. Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, est arrivé un peu plus tôt au cours de la semaine.

Le comité d'accueil, formé des membres de la famille des syndicalistes colombiens, a tenu à bout de bras une bannière faite à la main sur laquelle était inscrit le nom des quatre syndicats canadiens. Des parapluies décorés de ballons ont servi à protéger les dirigeants de la pluie qui tombait en soirée.

Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s'informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l'absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s'entretenir avec l'ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l'opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d'autres problèmes.

Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.

19 juillet 2008

Droits de la personne et droits des travailleuses et travailleurs : les dirigeants sont placés devant la dure réalité

Le 19 juillet dernier, avant de rendre visite aux personnes déplacées de la communauté de La Onda, à Medellin, les dirigeants des quatre grands syndicats canadiens ont assisté à deux présentations intensives sur la gravité de la situation en Colombie. Conclusion de tous les orateurs : la situation est pire que jamais.

Les dirigeants nationaux du SCFP, du STTP et de l'AFPC et le vice-président international du SNEGSP ont rencontré des représentantes et représentants de la fédération nationale des travailleuses et travailleurs du secteur public, ainsi que des membres de l'association des travailleuses et travailleurs du système juridique, du bureau du vérificateur et de syndicats de la santé.

« Un million de personnes ont disparu et la persécution syndicale se poursuit sans arrêt », a indiqué Mariano Jose Guerra, président de la fédération nationale des travailleuses et travailleurs du secteur public. « Malgré la répression, a-t-il ajouté, la solidarité exprimée à l'échelle mondiale nous permet d'être beaucoup plus fort ». Le confrère Guerra est aussi avocat pour les victimes de la répression.

Une jeune syndicaliste a expliqué qu'elle venait tout juste de recevoir une lettre de son employeur qui menace de la congédier en raison de la campagne de syndicalisation qu'elle a menée. Les menaces proférées à l'endroit des syndicalistes ont obligé un grand nombre d'entre eux à recourir aux services de gardes du corps. Ils sont systématiquement la cible de harcèlement, d'enlèvement et de meurtre.

La deuxième présentation s'est déroulée à l'école syndicale nationale, qui obtient l'appui de nombreux syndicats internationaux, dont le Congrès du travail du Canada.

Avec la remontée soudaine de la popularité du président Uribe, attribuable à la libération d'otages de grande renommée détenus par la guérilla, les représentantes et représentants de l'école craignent que le président ne cherche un moyen de contester la constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat à la tête du pays.

Ils ont aussi indiqué que le président Uribe appuyait la création de milliers de coopératives de travailleurs et travailleuses qui, selon les critiques, sont antisyndicales et ne sont qu'un moyen de réduire les salaires et de supprimer les droits des travailleurs et travailleuses. D'autres mesures du gouvernement viendront affaiblir davantage un mouvement syndical déjà aux prises avec d'importantes contraintes imposées à la négociation collective et à la syndicalisation.

Cette semaine, le groupe poursuit sa tournée. Au programme, des réunions et des visites au cours desquelles ils discuteront des droits de la personne, des droits dans le domaine du travail, s'informeront des conditions de travail et échangeront des points de vue sur le libre-échange et l'absence de garanties en matière de droits du travail et de droits de la personne. Les dirigeants syndicaux prévoient s'entretenir avec l'ambassadeur canadien sortant, de hauts fonctionnaires et des membres de l'opposition. Avec des syndicalistes du secteur public, ils discuteront aussi de privatisation et d'autres problèmes.

Les dirigeants seront de retour au Canada le 25 juillet.

23 juillet 2008

Visite à des personnes déplacées à Medellin

Les dirigeants syndicaux canadiens du secteur public ont eu l'occasion d'entrevoir un aspect de la réalité colombienne qui fait rarement les manchettes en Amérique du Nord. Le 19 juillet dernier, ils ont en effet visité une communauté de personnes déplacées à Medellin, dans le cadre de leur tournée d'une semaine en Colombie.

Dernièrement, les médias ont concentré leur attention sur la libération d'otages célèbres et se sont fait le porte-voix du président colombien Alvaro Uribe qui savoure la nouvelle recrudescence de sa popularité. Mais il existe une autre Colombie, celle qui lutte pour survivre aux politiques de libre-échange du gouvernement Uribe. C'est cette Colombie qu'ont pu voir les dirigeants du SCFP, du STTP, de l'AFPC et du SNEGSP.

Dans le quartier de La Onda, loin des clubs et des condos luxueux du centre-ville de Medellin, des garçons jouaient au soccer, des jeunes filles pratiquaient leurs pas de salsa et des mères célibataires, accompagnées de leur propre mère, tenaient des nourrissons dans leurs bras. Mais ces Colombiens, qui vivent sur les collines entourant la deuxième ville en importance de Colombie, ne sont pas pris en compte dans la population de 2 ou 3 millions de cette ville, qui se trouve à une heure d'avion au nord de la capitale, Bogota.

Ils font partie des nombreuses personnes qui ont été déplacées dans ce pays tourmenté d'Amérique du Sud avec lequel le gouvernement canadien est pourtant en train de négocier un accord de libre-échange. Si on prenait en compte les gens de La Onda, la population de Medellin augmenterait de 120 000 habitants, et certains affirment que le nombre de personnes chassées de chez elles et vivant dans des communautés de fortunes comme La Onda est trois fois plus élevé. À l'échelle de la Colombie, ce nombre atteint entre 3 et 4 millions de personnes, selon certaines estimations.

Les déplacements forcés font partie d'un processus systématique visant à permettre aux grandes entreprises de s'approprier les terres et les cours d'eau desquels les personnes déplacées tiraient auparavant leur subsistance. Aujourd'hui, le gouvernement du président Uribe se contente de laisser se poursuivre le processus des déplacements brutaux, et ce, au nom du progrès. Les terres où vivaient des familles entières servent maintenant à générer des profits au moyen de la production de produits destinés à l'exportation. Résultat : l'appauvrissement de millions de personnes comme celles qui vivent à La Onda.

Les dirigeants syndicaux canadiens sont Denis Lemelin, président national du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Paul Moist, président national du Syndicat canadien de la Fonction publique (SCFP), John Gordon, président national de l'Alliance canadienne de la Fonction publique (ACFP) et George Heyman, vice-président international du Syndicat national des employées et employés généraux du secteur public.

Lors d'une réunion informelle, plusieurs personnes ont décrit comment elles avaient été chassées de leur demeure par des escadrons de paramilitaires qui bénéficiaient du soutien de l'armée. Craignant pour leur vie, elles ont cherché refuge à Medellin et dans d'autres villes où elles se sont toutefois vite retrouvées complètement démunies.

Certains des participants et participantes à cette rencontre ont mentionné qu'à l'époque de l'organisation du bidonville, il y a 11 ans, la communauté était dépourvue de services publics adéquats. Mais pour espérer survivre, ils n'avaient d'autres choix que de s'établir à cet endroit. Ils ont survécu en s'entraidant, pendant que leur gouvernement les reniait.

« Nous avons été attaqués par les forces de sécurité », a mentionné une des premières personnes déplacées à être venues s'établir à La Onda. « Maintenant, alors que nous commençons tout juste à nous remettre sur pied, des rumeurs circulent selon lesquelles le gouvernement nous déplacera ailleurs. »

Elle affirme que de nombreuses familles survivent grâce à l'argent que les femmes, dont de nombreuses mères célibataires, arrivent à mendier dans les rues achalandées du centre‑ville. « Nous cultivons aussi notre propre nourriture, sur nos petits lopins de terre. »

D'autres ont aussi pris la parole. « Ils nous ont exterminés de façon systématique », a mentionné une femme âgée qui s'est présentée comme étant membre du parti politique Unión Patriótica, formé après que le groupe de guérilla M19 eut conclu une entente avec le gouvernement et accepté de se désarmer. Cette entente a toutefois été suivie d'un véritable bain de sang. Plusieurs milliers de membres de l'Unión Patriótica ont été assassinés par des escadrons de la mort soutenus par l'armée.

« Il y a eu de nombreux massacres, certains sont connus, d'autres pas », a-t-elle mentionné. « Ils ont pendu des gens et ils les ont exposés en public pour nous intimider. »

Un jeune homme s'est avancé pour montrer aux dirigeants syndicaux canadiens comment les escadrons paramilitaires lui avaient coupé la main droite pour le rendre inapte au travail. Une autre personne a mentionné avoir vécue pendant quatre ans dans un camp de réfugiés avant de venir vivre à La Onda.

À la fin de la réunion, les dirigeants canadiens ont appris que les services publics de cette communauté pauvre pourraient bientôt être améliorés, mais les résidents craignent qu'une telle amélioration ne soit accompagnée d'une intervention des groupes paramilitaires qui se battront alors contre d'autres pour obtenir le contrôle de ces services. Les résidents de La Onda pourraient donc se retrouver de nouveau au beau milieu d'un champ de bataille.

Le groupe de dirigeants canadiens poursuivra sa tournée en Colombie au cours de la semaine. Il assistera à d'autres réunions et effectuera d'autres visites dans le but d'examiner la situation relative aux droits de la personne et aux droits du travail, pour prendre connaissance des conditions de travail des travailleuses et travailleurs colombiens, et pour discuter du libre-échange et de l'absence de garanties en matière de droits de la personnes et de droits du travail. Les membres de la délégation canadienne comptent rencontrer l'ambassadeur canadien sortant, des représentants du gouvernement et des membres de l'opposition. Ils discuteront aussi de la privatisation et d'autres problèmes avec des membres de syndicats colombiens du secteur public.

Les dirigeants syndicaux seront de retour au Canada le 25 juillet.


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Date de modification : 2008/07/23

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