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12 novembre 2008

L'ONU accuse les forces colombiennes de tuer des civils

par Naomi Mapstone, à Lima
Financial Times, publié le 2 novembre 2008, 23 h 18 | Dernière mise à jour : 2 novembre 2008, 23 h 18

Les forces de sécurité de Colombie se sont engagées dans un massacre « généralisé et systématique » de civils, ce qui pourrait constituer un crime contre l'humanité, a déclaré à la fin de la semaine la haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

Navi Pillay, qui prenait la parole à Bogotá au terme d'une mission d'enquête, a indiqué que c'était au gouvernement colombien de faire la lumière sur ces massacres, mais que des organismes internationaux pourraient intervenir en cas d'incapacité ou de refus de sa part.

La semaine dernière, le président colombien Álvaro Uribe a congédié 27 officiers de l'armée impliqués dans le décès de 11 hommes de la ville de Soacha, située en périphérie de Bogotá. Ces hommes, qui avaient disparu de leur foyer, ont été retrouvés plus tard dans des charniers du nord-est du pays. Ils avaient été tués par balle. On les avait inscrits sur la liste des membres de groupes rebelles tués dans des affrontements.

Les groupes de défense des droits de la personne allèguent que les forces de sécurité ont tué des centaines de civils, qu'elles dépeignaient comme des membres du groupe rebelle des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) afin de gonfler le nombre de décès attribuables aux affrontements et prouver ainsi l'efficacité de leurs interventions.

« Nous observons la situation et enregistrons le nombre d'exécutions sommaires, qui nous semblent généralisées et systématiques, a déclaré madame Pillay.

« Nous voulons amener les autorités nationales à enquêter sur ces crimes et à poursuivre leurs auteurs en justice. C'est seulement lorsqu'un pays est incapable ou refuse d'enquêter ou d'entamer des poursuites que la Cour pénale internationale, par exemple, a le pouvoir d'intervenir. »

Selon un rapport d'Amnistie Internationale publié la semaine dernière, environ 330 exécutions sommaires par les forces de sécurité ont été signalées en 2007, comparativement à 220 par année entre 2004 et 2006, à 130 en 2003 et à 100 en 2002.

La plupart des victimes étaient des campesinos ou des leaders communautaires, qui ont été enlevés dans leur maison ou au travail puis tués ailleurs, peut-on lire dans le rapport. « Les forces de sécurité présentent les corps en tenue de corvée, mais des témoins affirment que les victimes portaient des vêtements civils pendant leur détention… Les corps montraient souvent des signes de torture. »

M. Uribe, dont la cote de confiance a rapidement grimpé à plus 80 % une fois Ingrid Betancourt et 14 autres otages célèbres délivrés des mains des FARC par les forces colombiennes cette année, passe pour avoir renforcé concrètement la sécurité, attiré des investissements étrangers et amélioré la situation économique du pays.

Toutefois, il subit des pressions associées aux antécédents de son administration en matière de droits de la personne pendant qu'il essaie de convaincre les Démocrates des États-Unis d'approuver un projet d'accord commercial.

M. Uribe a défendu la réponse de son gouvernement aux allégations d'exécutions sommaires et a critiqué sévèrement les récents rapports d'Amnistie Internationale et de Human Rights Watch.

 


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Date de modification : 2008/11/12

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