21 janvier 2010
Les erreurs de l'Institut C.D. Howe sur les régimes de retraite du secteur public
Encore une fois, l'Institut C.D. Howe essaie de s'en prendre aux travailleurs et travailleuses dans son rapport sur les régimes de retraite du secteur public. Cette vieille rengaine refait surface chaque fois qu'il est question du déficit fédéral.
En calculant la « juste valeur » des obligations relatives aux régimes de retraite fédéraux, l'Institut présume que le gouvernement fédéral, à l'instar d'une entreprise qui déclare faillite, cessera ses activités un jour. Au Bureau de l'actuaire en chef, par contre, on emploie des méthodes actuarielles qui permettent d'évaluer de manière exacte les coûts et les risques associés au régime de retraite. Les fonds de pension sont gérés en fonction de projections actuarielles portant sur plusieurs générations. Bien entendu, ces évaluations tiennent compte des déficits et des excédents qui se produiront au cours d'une si longue période. En fait, il ressort du dernier rapport de l'actuaire en chef, déposé en novembre 2009, que le régime de retraite fédéral est adéquatement financé et qu'on est bien loin du déficit de 59 milliards $ avec lequel l'Institut essaie de nous effrayer.
L'Institut ne s'attarde guère au fait que les travailleuses et travailleurs de la fonction publique fédérale assument une large part des coûts des régimes de retraite. Les prestations de retraite versées aux fonctionnaires correspondent à un salaire différé. Toutes les cotisations qu'ils font au fil des ans constituent une partie de leur rémunération totale. À l'heure actuelle, les fonctionnaires assument environ 32 % du coût actuariel du régime de retraite. D'ici 2013, leur contribution s'élèvera à environ 40 %.
L'Institut C.D. Howe utilise un modèle comptable afin renforcer sa position contre les régimes de retraite du secteur public et plus généralement contre les régimes de pension à prestations déterminées. Le problème est tout autre : il faut assurer un fonds de pension à toutes les Canadiennes et à tous les Canadiens. Voilà la véritable crise qui plane à l'horizon. Mais les conservateurs, au lieu d'améliorer le Régime de pension du Canada et le programme de Sécurité de la vieillesse comme le réclame le mouvement syndical, brandissent des « études » douteuses, comme celle dont se sert l'Institut C.D. Howe. Les conservateurs essaient ainsi de justifier leurs attaques contre les régimes de retraite fédéraux, des régimes qui ont été appauvris, en 1999, lorsque le gouvernement de l'époque s'est approprié l'excédent de 30 milliards de dollars.







