Parlons syndicat
27 mars au 14 avril 2006
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En manchette :
L'AFPC souhaite améliorer son processus de négociation
Après la dernière ronde de négociations avec le Conseil du Trésor et les principales agences fédérales (ARC, Parcs Canada et ACIA), l'AFPC a commandé une évaluation de son processus de négociation pour les sept unités visées. Pour ce faire, elle a retenu les services de Dale Clark, ancien président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes et représentant de l'AFPC au bureau de conciliation qui avait été créé pour la Table 3 lors de ces négociations. Un questionnaire a été élaboré et distribué à tous les membres des équipes de négociation et à un échantillon représentatif de militants et militantes en région et de membres du personnel qui touchent à la mobilisation. Plus de 80 personnes ont répondu au questionnaire, et les renseignements recueillis ont permis de formuler diverses recommandations pour améliorer le processus de négociation.
Puisque les conventions conclues avec le Conseil du Trésor et les agences arriveront toutes à échéance d'ici l'an prochain, nous avons commencé à donner suite à plusieurs recommandations du rapport, notamment celles qui préconisent les mesures suivantes :
élaborer un nouveau cours sur la négociation collective et le donner dans tout le pays pour former les personnes susceptibles de faire partie d'une équipe de négociation;
continuer d'améliorer la communication et les recherches pour la négociation;
clarifier les rôles et les responsabilités des membres des équipes de négociation, du Comité exécutif de l'Alliance et de la présidence nationale dans la négociation collective, en partie au moyen des résolutions qui seront débattues au congrès de l'AFPC en mai 2006;
organiser plus tôt la conférence nationale et les conférences régionales sur la négociation pour pouvoir débuter les négociations avant l'expiration des conventions collectives;
concevoir un processus de demande de revendications et des conférences sur la négociation qui permettent aux membres de mieux débattre des revendications contractuelles et les priorités du syndicat;
soumettre les revendications au vote des membres comme complément à la demande de revendications pour aider les équipes de négociation et les leaders élus à déterminer les priorités pour la négociation.
D'autres informations sur ces mesures et leur état d'avancement seront publiées dans le Parlons syndicat au fur et à mesure que des décisions seront prises.
Grève à la mine Ekati
Devant le refus de la société minière BHP Billiton de négocier une première convention collective équitable, les membres de l'AFPC à la mine de diamants Ekati, dans les Territoires du Nord-Ouest, ont débrayé le vendredi 7 avril. Les principales revendications des 400 travailleurs portent sur les salaires, la sécurité d'emploi, l'ancienneté et les congés.
L'AFPC négocie depuis 14 mois avec BHP Billiton, mais cette dernière n'a pas encore fait d'offre acceptable aux yeux des travailleurs.
« BHP Billiton a enregistré l'année dernière des profits de 7,5 milliards de dollars à l'échelle mondiale, souligne Jean-François Des Lauriers, vice-président exécutif régional de l'AFPC pour le Nord. Nous voulons que BHP Billiton fasse une offre de règlement assortie d'une augmentation salariale raisonnable pour que nos membres aient le respect qu'ils méritent. »
Des Lauriers a fait savoir à BHP Billiton qu'elle doit s'abstenir d'utiliser des travailleurs de remplacement, car une telle tactique est inacceptable pour les travailleurs et travailleuses du Nord. Il estime que si BHP Billiton envenime la situation en utilisant des briseurs de grève pour exploiter la mine, le mouvement syndicat canadien réagira fortement à de telles actions.
La médiation fédérale a échoué après que la compagnie ait offert une hausse salariale de 1% et un congé mobile d'une journée en échange de trois jours de congé de maladie payés.
« BHP Billiton fait preuve de mépris à l'endroit des travailleurs qui lui permettent de générer des millions de dollars, a déclaré Todd Parsons, président du Syndicat des travailleurs du Nord, un Élément de l'AFPC. Les travailleurs de la mine Ekati sont décidés. "Pas d'entente, pas de diamants." Nous n'entrerons au travail que lorsque sera conclue une convention équitable. »
Ekati est la première mine de diamants au Canada. Elle produit entre trois et cinq millions de carats annuellement, ce qui représente 6% de la valeur et 4% du poids des approvisionnements mondiaux en diamants.
Le CRAPO continue sans fléchir son travail d'action politique
Tablant sur l'impact important qu'a eu le Conseil régional d'action politique de l'Outaouais lors de la dernière campagne électorale fédérale, les membres de l'exécutif poursuivent leur travail de représentation auprès des nouveaux élus.
Après avoir rencontré les bloquistes Mario Laframboise (Argenteuil) et Richard Nadeau (Gatineau), les membres du CRAPO ont rencontré le député de Hull-Aylmer, le libéral Marcel Proulx. Ils ont abordé avec les trois élus les questions de négociation collective, partage des emplois fédéraux entre les deux rives de l'Outaouais, l'équité salariale à Postes Canada, la privatisation, Service Canada, afin d'obtenir l'appui des députés pour défendre les positions de l'AFPC. Le CRAPO tente d'organiser également une rencontre avec le député du Pontiac et ministre des Transports, le conservateur Lawrence Cannon. Il semble toutefois que la disponibilité de ce dernier, qui était très grande durant la campagne électorale, soit moins grande depuis qu'il a été élu.
Le 1 er avril dernier, les représentants du CRAPO rencontraient également le caucus du Nouveau parti démocratique. C'était l'occasion, une fois de plus, d'informer les députés de ce parti des grandes questions qui risquent d'être soulevées durant le prochain parlement et sur lesquelles l'AFPC souhaite connaître la position du NPD. Selon le président du CRAPO, Daniel Charron, « il est d'une importance primordiale que tous les partis politiques siégeant à la Chambre des communes soient bien saisis des revendications de l'AFPC. Les rencontres que nous organisons avec les député-e-s et les membres de la base vivant en Outaouais viennent appuyer le travail des instances nationales de l'AFPC. »
Rappelons que le Conseil régional d'action politique de l'Outaouais représente près de 15 000 membres de l'AFPC vivant en Outaouais québécois. À titre d'exemple, environ un électeur sur dix dans la circonscription de Gatineau est membre de l'AFPC, ce qui confère au AFPC une influence politique certaine dans la région.
Le Congrès de l'AFPC discutera des services publics de qualité
Quelque 20 années de politiques pro-privatisation n'ont rien fait pour améliorer la qualité de vie au Canada ou ailleurs dans le monde. Le fossé entre les riches et les pauvres continue de se creuser.
La privatisation ne se limite pas à des ventes médiatisées d'actifs et de services gouvernementaux. Elle peut prendre de nombreuses formes, par exemple des partenariats public-privé, la sous-traitance des services ou encore le transfert de la responsabilité réglementaire à des entreprises privées.
La privatisation élimine les véritables services publics en réduisant l'obligation de rendre des comptes au public et en augmentant les intérêts étrangers dans des services et des infrastructures d'importance au Canada. En outre, elle précarise les relations de travail et réduit la sécurité d'emploi.
De plus en plus de fournisseurs de services au public qui emploient nos membres utilisent la sous-traitance. Les dépenses du fédéral pour l'achat de services professionnels et spécialisés ont gonflé au fil des années. Que ce soit à Service Canada ou à Parcs Canada, un nombre grandissant de services publics génèrent des profits privés.
L'AFPC est fermement résolue à prendre un ensemble complet de mesures à long terme pour que des services publics de qualité soient maintenus et continuent d'être assurés par l'État. L'AFPC est déterminée à mettre fin à la sous-traitance de tout travail fait par ses membres.
Au congrès national qui aura lieu bientôt, on examinera un projet de politique sur des services publics de qualité et des mesures que le syndicat prévoit prendre sur plusieurs fronts, notamment la négociation collective, la recherche, les communications, la syndicalisation, l'action politique et des campagnes de riposte.
Non à l'exploitation des étudiants et étudiantes
Un grand nombre d'employeurs, notamment beaucoup de ceux qui emploient nos membres, engagent régulièrement des étudiants et étudiantes. Lors du congrès national, on discutera des mesures que le syndicat peut prendre pour protéger les droits des étudiants et des étudiantes et de ses membres.
L'AFPC estime que les employeurs, y compris elle-même, ont une obligation envers les générations futures de travailleurs et travailleuses et qu'ils peuvent remplir partiellement cette obligation en engageant des étudiants et étudiantes.
Cependant, le syndicat maintient clairement que les jeunes doivent être engagés dans le cadre de programmes soigneusement élaborés et bien surveillés pour les aider à améliorer leurs aptitudes aux études et à acquérir des connaissances et des compétences sociales et professionnelles, notamment de la compréhension du rôle des syndicats dans les milieux travail et dans la société.
De l'avis de l'AFPC, ce n'est pas l'embauche des jeunes ni les jeunes eux-mêmes qui créent un problème, mais plutôt le fait qu'il existe des employeurs publics et privés qui exploitent les jeunes comme une main-d'œuvre bon marché.
Les employeurs font souvent appel aux étudiants et étudiantes comme une solution de rechange peu coûteuse à l'embauche d'effectifs ordinaires. Les jeunes accomplissent toutes les fonctions des postes qu'ils occupent, mais sans être payés conformément à la convention collective. En outre, ils sont forcés de travailler sans formation adéquate, ce qui pose des risques pour eux-mêmes, pour les membres de l'AFPC et pour le public.
Forum sur les droits de la personne :
le lien avec les droits dans le domaine du travail
Pour l'AFPC, l'adage de solidarité du mouvement syndical selon lequel « ce qui fait du tort à une personne fait du tort à tous » va bien au-delà de l'atelier ou de la ligne de piquetage. C'est pourquoi l'AFPC a un bilan remarquable en matière de défense des droits de la personne, non seulement pour ses membres, mais pour tous les Canadiens et Canadiennes et toutes les personnes opprimées et exploitées du monde. L'AFPC croit fermement que les droits dans le domaine du travail ne peuvent pas être entièrement protégés sans la reconnaissance des droits de la personne.
Un forum sur les droits de la personne a été organisé dans le cadre du congrès de l'AFPC pour examiner comment la mondialisation, le racisme, la violence et l'incidence du changement climatique sur les cultures et les peuples influent sur les droits des travailleurs et travailleuses, des Autochtones, des gens de couleur, des personnes ayant un handicap et de la communauté des gais, lesbiennes et personnes bisexuelles et transgenres.
Comme l'AFPC a toujours cru qu'il est non seulement important mais essentiel de travailler avec des partenaires syndicaux et communautaires, elle a invité des militants et militantes du mouvement syndical et de la société civile pour former le panel. Le forum sera animé par Robert Fox, directeur exécutif d'Oxfam Canada. Fox, qui est associé à Oxfam depuis 30 ans, a été auparavant directeur des communications du Syndicat canadien de la fonction publique, ainsi que président du conseil d'administration d'un centre de santé communautaire, d'une clinique juridique communautaire et d'un groupe de défense des personnes ayant un handicap.
Au nombre des panélistes se trouvera Sandra Carnegie-Douglas. Cette dernière travaille à la Fondation canadienne des relations raciales, est présidente de la Jamaican Canadian Association, a été l'une des leaders des ONG du Canada qui ont participé à la Conférence sur le racisme de l'ONU à Durban et était autrefois coordonnatrice exécutive du Comité canadien d'action sur le statut de la femme. Elle parlera de pauvreté, de racisme et de violence, principalement par rapport aux communautés afro-canadiennes.
Terry Fenge fera aussi partie du panel. Il examinera l'incidence des changements environnementaux sur les cultures et les peuples. Fenge est le conseiller stratégique de la présidence de la Conférence circumpolaire inuite. Ses spécialités sont les droits et les intérêts des Autochtones, les affaires environnementales et les politiques publiques internationales dans l'Arctique et dans le monde.
Pour sa part, Maria Eva Villate parlera de mondialisation et de ses effets sur les travailleurs et travailleuses du Sud global. Villate est présidente du syndicat des personnes employées au bureau de l'ombudsman de la Colombie. Elle a une grande connaissance de la lutte contre la privatisation et de la persécution des syndicalistes qui en découle.
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