Pleins feux sur l'AFPC et les travailleuses et travailleurs autochones
Cet automne, l’AFPC vivra un moment historique : la toute première Conférence nationale des peuples autochtones. Cet événement, qui a pour thème « MAAWANGITEENG : C’est avec nous que ça commence… », aura lieu à Winnipeg. Depuis plus de trente ans, l’AFPC et les travailleuses et travailleurs des Premières nations, inuits et métis travaillent ensemble à améliorer les milieux de travail et les collectivités de ces personnes. La Conférence est le fruit de leurs travaux. Ce numéro de Parlons syndicat est consacré aux réalisations du Réseau national autochtone, inuit et métis (Réseau NAIM).
Le Réseau est le porte-parole des membres de l’AFPC qui appartiennent à la grande famille autochtone, c’est-à-dire les Inuits, les Métis et les Premières nations. Il est composé de travailleurs et de travailleuses provenant des quatre coins du pays. Son mandat est d’encourager les Autochtones à s’impliquer dans leur syndicat et dans la lutte pour faire avancer leurs droits.
Créé en 2003, le Réseau conseille l’AFPC sur le type de projets à mener dans les communautés autochtones et sur les enjeux prioritaires pour ses membres. Le Réseau est lui-même guidé par le Cercle NAIM, auquel siègent la représentante et le représentant autochtones élus au Comité d’accès à l’égalité (CAE) de l’AFPC, 14 personnes qui se sont identifiées comme Autochtones(1 femme et 1 homme par région de l’AFPC) et la dirigeante et le dirigeant du CEA nommés par le président national.
Outre renforcer la présence des travailleuses et travailleurs autochtones au sein de l’AFPC, le Réseau et le Cercle NAIM participent aussi très activement aux luttes politiques et sociales que mènent les communautés autochtones. Et l’AFPC est solidaire de ces luttes, qu’il s’agisse de négocier des accords de revendications territoriales ou d’obtenir réparation pour les injustices perpétrées contre les membres des Premières nations.
Fort de l’appui de l’AFPC, le Cercle NAIM a soutenu la cause de la nation algonquine d’Ardoch, dans l’Est de l’Ontario, celle de la Première nation Kitchenumahkoosib Inninuwug (KI), dans le Nord de l’Ontario, et celle des chefs des Premières nations qui ont été emprisonnés en avril 2008. Chaque fois, le Cercle NAIM en a profité pour défendre les protestataires, qui dénonçaient le non-respect de leurs droits ancestraux.
Le Cercle NAIM s’est fait le champion de la bataille juridique menée par Sharon McIvor, cette Indienne de la Colombie-Britannique. McIvor alléguait que les dispositions de la Loi sur les indiens sont discriminatoires puisqu’elles privilégient les personnes qui peuvent tracer leur filiation indienne le long de la lignée paternelle au détriment de celles qui la tracent du côté maternel. Bien que la Cour suprême de la Colombie-Britannique ait donné raison à McIvor, le fédéral a interjeté appel de cette décision. L’AFPC a contribué financièrement à la cause de McIvor et a fortement encouragé ses membres et d’autres syndicats à en faire autant. Une résolution à cet effet a d’ailleurs été soumise à l’Assemblée statutaire du Congrès du travail du Canada, qui l’a adoptée à l’unanimité.
Alisha Bigelow est une ardente défenseure des droits des Autochtones, tant en milieu de travail qu’au sein de sa collectivité. Représentante des Prairies au Cercle NAIM, Alisha travaille depuis 10 ans à l’Agence du revenu du Canada. Malgré son horaire très chargé, elle a accepté de nous parler de ses activités syndicales et communautaires et des raisons qui l’incitent à s’impliquer.
Parlez-moi de votre expérience de militante.
Je me suis d’abord impliquée dans ma section locale, le Syndicat des employé e s de l’impôt, puis j’ai participé à une initiative jeunesse et, il y a quelques années, à une conférence à Ottawa. Peu après, j’ai accepté la charge de secrétaire de ma section locale, ce qui m’a permis d’apprendre les rouages du syndicat.
Siéger au Cercle NAIM, c’est une expérience extraordinaire. Les membres viennent des quatre coins du pays; on forme une véritable mosaïque culturelle autochtone! Un de mes confrères, originaire de Hall Beach, au Nunavut, ne cesse de me répéter qu’il n’y a pas de tipis dans le Nord. Lors de notre dernière réunion, j’ai offert des hamburgers avec pains bannock à mes collègues. C’était une première pour plusieurs d’entre eux!
Quels sont les défis que doit relever le Réseau NAIM?
La communication en est un, surtout dans les régions très vastes, comme le Nunavut. La radio est un mode excellent pour transmettre l’information d’une communauté à une autre. On n’a pas toujours accès à Internet – un problème qui ne se pose pratiquement pas dans les villes.
À votre avis, dans quelles luttes menées par les Autochtones le mouvement syndical devrait-il s’impliquer davantage?
Outre les revendications territoriales, je suis très préoccupée par la pénurie de services de santé, de logements et d’eau potable dont souffrent les Premières nations, les Inuits et les Métis. Un nombre disproportionné d’enfants sont placés en famille d’accueil parce que les choix en matière de services de garde sont limités et que la pauvreté infantile est très répandue. Les Autochtones se plaignent d’être maltraités par les policiers. Ils sont aussi frustrés que les avis de disparition ne soient pas diffusés ou distribués en temps opportun au public et aux médias. Et puis, il y a l’égalité des chances en milieu de travail, un autre défi important.
Militer semble très important pour vous. Pourquoi?
J’appartiens à la Première nation White Bear de la Saskatchewan. La pauvreté règne dans les réserves des Premières nations et je veux briser ce cycle.
Nous devons continuer à exercer des pressions sur les députés pour qu’ils agissent dans ce dossier. Ils doivent aussi protéger les droits des Autochtones. Je crois que le Cercle NAIM peut changer les choses.
Accueil Plan du site Contactez-nous Négociations Recherche Adhérer à l'AFPC English
Date de modification : 2008/09/19
Alliance de la Fonction publique du Canada | 233, rue Gilmour, Ottawa, ONTARIO CANADA, K2P 0P1, Tél. : 1 888 604-7722 (AFPC)