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Parlons syndicat

Mars/Avril 2008

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En manchette :



Résister aux attaques contre l'égalité et les droits de la personne

Une première conférence nationale réunit les membres des groupes raciaux visibles

Les personnes déléguées à la première Conférence nationale des membres des groupes raciaux visibles de l'AFPC, laquelle avait lieu au début de mars, sont reparties plus déterminées que jamais à lutter pour l'égalité, les droits de la personne et les services publics de qualité.

Lors de son allocution d'ouverture, le président national de l'AFPC, John Gordon, a insisté sur le fait que le syndicat doit accroître la résistance face aux attaques grandissantes des gouvernements contre l'égalité et les droits de la personne.

« Les Canadiennes et les Canadiens méritent des services publics de qualité et comptent sur ces services pour défendre l'égalité et les droits de la personne, a-t-il ajouté. Les services publics de qualité ont un rôle égalisateur et il faut empêcher le gouvernement fédéral de les démanteler et de les privatiser davantage. »

M. Hassan Yussuff, secrétaire-trésorier du Congrès du travail du Canada, a pris la parole à titre de conférencier principal. Il a mentionné que les compressions du gouvernement ont un effet disproportionné sur les groupes qui revendiquent l'égalité. Il a également déclaré que les travailleuses et les travailleurs de couleur doivent être à l'avant-garde de la lutte politique en faveur du changement et des droits de la personne.

Écran de fumée

Madame Yasmina Chouakri de la Fédération des femmes du Québec était également conférencière. Elle a expliqué comment l'égalité des sexes avait servi d'écran de fumée pour camoufler les attaques racistes lors du débat récent sur les accommodements raisonnables au Québec et les vives réactions qu'il a suscitées. Selon elle, si l'on veut résister à cette nouvelle offensive de la droite, il faut que notre analyse féministe dépasse la simple égalité des genres et prenne en considération toutes les formes d'inégalité.

M. Fo Niemi, conférencier invité du Centre de recherche-action sur les relations raciales, a parlé des nouveaux mots-codes qu'engendre l'idéologie de droite. Les expressions « sécurité nationale », « sécurité publique » et « sécurité culturelle » sont désormais utilisées pour justifier les attaques envers les groupes minoritaires. Il met au défi les membres de l'AFPC de mettre de côté leurs préjugés personnels et de remettre en question la véritable intention qui se cache derrière ces mots.

En outre, les ateliers offerts au cours de cette conférence ont permis aux délégués de mettre en commun leurs expériences et leurs connaissances, de faire du réseautage et d'acquérir des compétences en vue d'assumer un rôle de leadership à l'intérieur du syndicat.

Les délégués ont élu Danielle Dubuc et Carl Laguerre, de même que deux personnes suppléantes, pour siéger au Comité d'accès à l'égalité de l'AFPC à titre de représentante et de représentant des groupes raciaux visibles.

Lors du dernier jour, les délégués ont tenu des débats et adopté des résolutions. Certaines de ces résolutions seront examinées par le Comité exécutif de l'Alliance et d'autres seront renvoyées au prochain Congrès triennal de l'AFPC en 2009.



L'AFPC pleure les disparus et réclame des changements

Le 28 avril, l'AFPC rend hommage aux personnes tuées ou blessées au travail

Chaque année, des centaines de Canadiennes et de Canadiens meurent en milieu de travail, là où ils devraient pourtant être protégés. Le 28 avril, à l'occasion du Jour de deuil national, l'AFPC a pleuré la disparition de collègues tués ou blessés au travail et réclamé des changements.

Cette année marquait le 24e anniversaire de l'adoption du Jour de deuil national par le mouvement syndical canadien. Or, des travailleuses et travailleurs continuent de se blesser et de perdre la vie à un rythme effarant au Canada.

Selon les données recueillies par l'Association des Commissions des accidents du travail du Canada en 2006, dernière période complète de statistiques, 976 décès sont survenus en milieu de travail comparativement aux 798 décès dénombrés en 1998. On se doit de remettre en question ces données statistiques, car les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés étant donné que les décès causés par l'exposition aux toxines, éléments carcinogènes et autres matières ou situations dangereuses ne sont pas relevés de manière fiable par les régimes d'indemnisation provinciaux.

Malgré ces statistiques horrifiantes, les gouvernements au Canada continuent à effriter systématiquement les lois de santé et de sécurité au moyen de la déréglementation et de l'application inadéquate des lois en vigueur sur la santé et la sécurité.

Le 28 avril, les membres de l'AFPC se sont joints à leurs consoeurs et confrères d'un bout à l'autre du pays pour rappeler à leur mémoire leurs collègues tués ou blessés au travail. Ils en ont profité également pour réaffirmer leur engagement envers la santé et la sécurité et l'amélioration des conditions de travail.

Les membres de l'AFPC ont observé une minute de silence ce jour-là, à 11 h, en mémoire de ces consoeurs et confrères. Des activités commémoratives étaient aussi organisées dans les collectivités par les conseils du travail, les fédérations du travail et les sections locales.

Consultez le site www.psac-afpc.com pour obtenir d'autres renseignements sur le Jour de deuil national.



Équité salariale :

L'AFPC en appelle de la décision de la Cour fédérale

L'AFPC n'abandonne pas la plainte d'équité salariale de 300 millions de dollars intentée contre Postes Canada il y a un quart de siècle. Le syndicat a annoncé le mois dernier qu'il portera l'affaire devant la Cour d'appel fédérale.

La plainte, qui avait été déposée initialement auprès de la Commission canadienne des droits de la personne en 1984, concerne environ 6 000 commis anciens et actuels de Postes Canada. En février, la Cour fédérale (cour de première instance) a annulé une sentence du Tribunal canadien des droits de la personne rendue en octobre 2005.

« Nous sommes d'avis que la décision de la Cour fédérale est discutable et qu'il y a de solides motifs d'interjeter appel, a déclaré John Gordon, président national de l'AFPC. Certains aspects de la décision sont contradictoires, d'autres ne tiennent pas compte du rôle et de l'autorité du Tribunal et de la Commission des droits de la personne. »

Dans sa décision, le juge de la Cour fédérale a par ailleurs soulevé le fait que cette plainte remontait à près de 25 ans et que la durée de l'audience en elle-même était une aberration et ne pouvait que choquer la conscience publique.

En 2005, le Tribunal avait accordé environ 150 millions de dollars en rajustements paritaires et intérêts, soit la moitié de la somme que le syndicat réclamait pour ses membres. Postes Canada en a appelé de la décision du Tribunal dans les minutes qui ont suivi la publication de la décision en 2005. L'APFC a ensuite déposé un appel incident contre la décision du Tribunal de réduire de moitié la somme due à ses membres.

John Gordon a promis aux membres que le syndicat continuerait à lutter pour obtenir l'équité salariale.

« Nous poursuivrons la bataille devant les tribunaux, chaque fois que cela sera nécessaire. Nous nous engageons aussi à tout mettre en oeuvre pour faire adopter des lois proactives en matière d'équité salariale afin que les générations futures de femmes n'aient pas à attendre des décennies pour obtenir la justice économique. »

Pour obtenir d'autres renseignements à ce sujet, consultez le site www.psac-afpc.com.



Journée internationale de la femme de 2008

L'AFPC se demande ce qu'il advient du plan d'action fédéral pour l'égalité des femmes

Le 8 mars, des militantes de l'AFPC des quatre coins du pays ont uni leur voix pour demander au gouvernement Harper de prendre au sérieux la question de l'égalité des femmes et de renoncer aux politiques néfastes qui ont mené à l'annulation de programmes essentiels et à la fermeture d'organisations vouées à la défense des intérêts des femmes.

Il y a treize ans, le gouvernement canadien s'était engagé à mettre en œuvre le plan d'action fédéral pour l'égalité des femmes. Or, l'injustice économique est toujours bien réelle pour les femmes :

Durant la campagne électorale de janvier 2006, Stephen Harper a fait la promesse de « prendre des mesures concrètes et immédiates, comme l'ont recommandé les Nations Unies, pour s'assurer que le Canada respecte entièrement ses engagements envers les femmes au pays ».

Le gouvernement conservateur n'a rien fait pour promouvoir l'égalité des femmes. De fait, lui et son gouvernement ont fait perdre du terrain aux femmes :

Le gouvernement fédéral doit rendre des comptes relativement à ses tentatives visant à miner l'égalité des femmes. L'AFPC appuie sans réserve la campagne lancée par le Congrès du travail du Canada, sous le thème L'égalité! Une fois pour toutes! La campagne réclame notamment :

Consultez le site www.congresdutravail.ca pour savoir comment faire pression sur le gouvernement canadien afin qu'il défende l'égalité de la femme, une fois pour toutes.



Nouvelles en bref

Une première entente pour les commissionnaires de Santé Canada

Les commissionnaires qui travaillent pour Santé Canada à titre de gardes de sécurité ont mis fin à leur grève en votant en faveur d'une entente de principe. C'est la première convention collective pour cette unité, et le premier groupe de commissionnaires à Ottawa à adhérer à l'AFPC.

Des gains importants ont été obtenus, notamment une disposition sur l'interdiction à la sous-traitance visant à protéger le travail de l'unité, et une sur le harcèlement sexuel et personnel en milieu de travail. Les membres bénéficient maintenant de droits d'ancienneté relatifs à l'affichage d'emplois et au licenciement. De plus, des dispositions visent à protéger les membres contre tout transfert à l'extérieur de l'unité de négociation. Enfin, la nouvelle grille salariale tient compte de l'expérience et de l'ancienneté.

Lancement d'une campagne contre un projet de loi qui ferait perdre une centaine d'emplois à Thunder Bay

Les travailleuses et travailleurs locaux de la Commission canadienne des grains et leurs alliés ont décidé de lancer une campagne pour empêcher l'adoption du projet de loi qui réduirait à néant la Commission canadienne des grains (CCG) et coûterait une centaine d'emplois à la région de Thunder Bay.

Le projet de loi C-39 prévoit l'élimination des services d'inspection, de pesée, et de surveillance de la réglementation des expéditions de grains. Cela porterait un coup très dur à l'économie de Thunder Bay et menacerait les producteurs de grains, les consommateurs et l'industrie du grain dans son ensemble.

« Le Syndicat invite la population de Thunder Bay à se joindre à nous pour demander au député de la région, M. Joe Comuzzi, de s'opposer à la tentative de son gouvernement de mettre la hache dans les services offerts par la Commission canadienne des grains », a déclaré Don Beese, président de la section locale 30 du Syndicat de l'Agriculture.

Un site Web sur la campagne a été lancé ce mois-ci et permettra d'adresser directement à M. Comuzzi et au gouvernement conservateur les messages de la population. Rendez-vous dès aujourd'hui sur le site www.grainaction.ca afin d'exprimer votre appui aux travailleuses et aux travailleurs de la Commission canadienne des grains.

L'AFPC défend les employés au niveau postdoctoral à l'Université de Western Ontario

L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) est à écrire un nouveau chapitre de l'histoire du mouvement syndical canadien en défendant le droit à la syndicalisation employés par l'Université de Western Ontario, à London des stagiaires postdoctoraux.

L'AFPC a déposé une demande d'accréditation à la Commission des relations de travail de l'Ontario (CRTO) le 29 février pour tenir un scrutin auprès des 250 stagiaires employés par l'université. L'université affirme que les stagiaires sont des entrepreneurs indépendants, et non des employés au sens de la Loi sur les relations de travail de l'Ontario, et qu'ils n'ont pas le droit de se syndiquer.

Gerry Halabecki, vice-président exécutif de l'AFPC pour la région de l'Ontario, est d'avis que l'université devrait adopter une attitude plus progressiste à l'égard du droit à la syndicalisation de ses employées et employés.

« L'AFPC représente déjà une force dynamique au sein de l'université avec le syndicat des auxiliaires diplômés à l'enseignement (section locale 610 de l'AFPC), de souligner Halabecki. Les stagiaires postdoctoraux ont tout autant le droit d'être représentés par un syndicat et de tenir des négociations collectives. »


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Date de modification : 2008/05/06

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