Délégués syndicaux
Pleins feux sur les sections locales : Prendre soin de la personne entière
Imaginez-vous ce qui suit : les membres de votre section locale sont tous présents et échangent gaiement entre eux à l'occasion de l'assemblée générale annuelle. L'ordre du jour est continuellement interrompu par des membres qui souhaitent faire part de leurs sentiments aux dirigeants de la section locale. Ils relaient des récits sur la façon dont le syndicat les a aidés, voire sauvés, alors qu'ils étaient confrontés à des situations qui semblaient échapper à leur contrôle. La gratitude exprimée est palpable. Les larmes coulent tant les récits sont émouvants.
Il ne s'agit pas d'un roman syndical – c'est bien ce qui s'est passé à la section locale 70713 de Pêches et Océans, à Ottawa. Sous la direction proactive de Rotha Lennox, cette section locale utilise un modèle holistique de représentation fondé sur l'empathie.
Rotha, qui a suivi toutes les formations offertes par l'AFPC, a reconnu, à force de défis personnels, que de nombreux travailleurs n'ont aucun autre recours que leur syndicat.
Elle s'est inscrite à la formation en counselling offerte par le Conseil du travail d'Ottawa et de district. Elle a ensuite décidé, en s'appuyant sur des compétences acquises pendant des cours du soir sur des sujets comme le traitement du deuil compliqué, de changer la façon dont elle s'acquitte de ses fonctions syndicales. Elle a ensuite commencé à mettre ces connaissances en œuvre dans la section locale.
Écoute active
« Les membres éprouvent déjà certaines difficultés lorsqu'ils viennent vers nous. Peut-être font-ils l'objet de sanctions disciplinaires pour des questions d'absentéisme ou de rendement, mentionne Rotha. Ma première tâche est de les écouter. »
Selon elle, les gens vivent déjà tant d'émotions dans leur vie qu'ils se sentent souvent accablés. Un changement au régime de travail d'une personne salariée est symptomatique de quelque chose d'autre qui se passe dans la vie de celle-ci.
« Les gens croient qu'ils seront stigmatisés si leurs problèmes sont rendus publics. Nous veillons donc à ce que cela ne se produise pas. Bien souvent, nous constatons que les problèmes qu'éprouvent ces membres sont liés à la toxicomanie, à la dépression ou au deuil compliqué. »
En tant qu'« amis du syndicat », Rotha et son groupe de militants syndicaux s'emploient à acquérir la confiance de la personne pour ensuite lui offrir le soutien dont elle a besoin.
Partage informel
La section locale tient des séances en milieu de travail, deux fois par semaine, où les membres apportent leur dîner et discutent. C'est l'occasion pour eux de se rassembler et de créer des liens. Les discussions demeurent confidentielles. Ces repas permettent aux membres de présenter des questions plus difficiles qui sont ensuite abordées de façon individuelle.
Rotha donne deux exemples où ces séances de partage ont incité des membres à soulever des problèmes avec lesquels ils étaient aux prises.
Un membre gai a fini par partager son désarroi interne après avoir demandé à une femme de jouer le rôle de petite amie pour lui permettre de s'intégrer à une équipe de hockey locale. Cela lui occasionnait beaucoup de détresse. Rotha explique que, grâce à l'approche de counselling adoptée par le syndicat, ce membre a pu se libérer, poursuivre sa vie et être plus productif au travail.
Justice au travail
Dans un autre cas, une employée nommée pour une période déterminée a fait appel au syndicat lorsqu'on lui a appris que son contrat prendrait fin prématurément. Après quelques échanges, elle s'est sentie suffisamment en confiance pour révéler qu'elle était atteinte du VIH et qu'elle éprouvait des problèmes neurologiques en raison de la progression de la maladie. Le syndicat a réussi à intervenir entre elle et la direction afin de régler cette question délicate. En fin de compte, sa nomination a été prolongée et elle a pu obtenir une prestation d'invalidité lorsqu'elle n'était plus en mesure de travailler.
La famille a une dette de reconnaissance envers le syndicat et entretient toujours une relation régulière avec Rotha. Chaque année, à l'anniversaire du décès de leur fille bien-aimée, ils font une prière pour les membres du syndicat qui ont aidé leur fille et sans qui elle aurait été licenciée sans aucune protection.
« Il arrive, lors des réunions de notre section locale, que nous soyons contraints de limiter les éloges, et les larmes, des membres. C'est émouvant, ajoute Rotha. Nous nous sommes défaits du gros de la négativité qui caractérise les syndicats et j'en suis fière. »
Date de modification : 2011/12/12







