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Santé et sécurité

Politique 22 de l'AFPC
Environnement

(Modifiée en mai 1999)
Cette politique doit être appliquée conjointement
avec la politique en matière de santé et sécurité

Introduction

Au cours des trois dernières décennies, les questions environnementales ont pris une dimension de plus en plus globale à mesure que le monde s’est sensibilisé à la cause de la protection de l’environnement. Les gouvernements et les peuples sont devenus de plus en plus conscients de la menace qui pèse sur l’environnement planétaire. On s’est rendu compte aussi que des problèmes écologiques qui s’étaient d’abord manifestés à l’échelon local avaient maintenant un impact mondial. Comme en témoigne la multiplication des conventions internationales sur l’environnement, nous avons pris conscience qu’en l’absence de mesures correctives, c’est l’avenir de tous les peuples qui était menacé.

En 1987, la Commission mondiale des Nations Unies sur l’environnement et le développement a publié un rapport intitulé " Notre avenir à tous ". La Commission Brundtland, du nom de sa présidente, a déterminé que le développement était la principale cause de la détérioration de l’environnement. La Commission a fait ressortir le nombre croissant de crises spécifiques qui menaçaient des pays dans le monde entier. La Commission a proposé une fin au développement sans restriction et que le développement dit " durable " devienne la seule forme de développement acceptable, selon la définition suivante :  un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs."

En 1992, le Sommet de la Terre tenu par les Nations Unies à Rio de Janeiro a adopté le plan d’action intitulé Action 21 (aussi appelé Agenda 21), qui recommande diverses mesures à l’échelle planétaire dans tous les domaines du développement durable. On y trouve notamment des mesures à l’égard des problèmes suivants : changements climatiques, dégradation de la couche d’ozone, pluies acides, déboisement, érosion des sols, déchets toxiques, épuisement des stocks de poissons et diversité biologique. Action 21 traite en outre des modèles de développement qui polluent l’environnement, de la pauvreté et de la dette extérieure des pays en développement, des modes de production et de consommation non durables dans les pays industrialisés, des pressions démographiques et de la structure de l’économie internationale.

Les questions relatives à l’environnement sont ainsi devenues prioritaires non seulement pour la population canadienne, mais pour celle de nombreux autres pays. Partout dans le monde, les syndicats se sont attaqués au défi de rehausser la qualité de l’environnement et en ont fait une de leurs grandes priorités. Rien n’est plus essentiel que l’air que l’on respire et l’eau que l’on boit. Nous sommes maintenant bien conscients de la menace que posent à la survie de la planète le réchauffement planétaire, la destruction des forêts tropicales, l’épuisement de la couche d’ozone, la pollution massive de l’eau potable et de l’eau salée, les changements climatiques, l’épuisement des stocks de poissons, l’érosion des sols, l’extinction des espèces animales et végétales et la disparition des insectes. Nous sommes conscients que les actions individuelles des pays, des collectivités et des peuples se répercutent à l’échelle mondiale et entraînent la détérioration de l’environnement planétaire, car celle-ci ne connaît point de frontières. Par exemple, les émissions de soufre dans un pays peuvent entraîner des pluies acides dans d’autres pays. La destruction de la couche d’ozone provoquée par l’utilisation de chlorofluorocarbures (CFC) d’un côté de la planète peuvent causer des cancers de la peau de l’autre côté.

Notre implication dans les dossiers de santé et sécurité au travail a toujours eu quelque chose à voir avec l’environnement. Règle générale, des normes plus rigoureuses en matière de santé et de sécurité limitent les impacts environnementaux dans le milieu de travail, ce qui contribue à préserver l’environnement en dehors de ce milieu. Lorsque nous demandons des contrôles plus stricts des matières dangereuses en éliminant des produits chimiques toxiques, ou en leur substituant des produits moins nocifs, ou encore en adoptant des technologies de production plus propres, cela se traduit habituellement par une réduction de la masse de déchets toxiques, de sorte que le niveau zéro d’émissions puisse être atteint éventuellement.

Au fur et à mesure que nous progressons vers le développement durable, nous devons veiller à ce que les besoins des travailleurs et des travailleuses, pour qui cette progression a des effets néfastes sur leur emploi, puissent être comblés. Nous devons faire en sorte qu’un programme de transition soit mis en place et qu’il comporte des options de recyclage, de rééducation professionnelle et de soutien du revenu.

Même si le milieu de travail est à l’origine de certains problèmes environnementaux et peut, par conséquent, lui-même les résoudre, il n’en reste pas moins que ce sont nos modes de vie, nos habitudes de consommation, nos moyens de transport et notre utilisation des sols qui polluent le plus. Dans leur milieu de travail, nos travailleurs et travailleuses sont en mesure de protéger l’environnement et nous devons concevoir et encourager de nouvelles stratégies en ce sens, mais il est encore plus pressant de demander à nos membres d’examiner leurs habitudes de consommation. La surconsommation, l’amoncellement des déchets et la production de déchets toxiques sont autant d’activités " non durables ".

L’Alliance s’engage à veiller à la protection de l’environnement et à ce que ce souci de l’environnement fasse partie intégrante du mandat de nos syndicats et de tout notre travail. À titre de syndicat socialement responsable, l’Alliance reconnaît en outre l’importance capitale de la protection de l’environnement pour que notre propre génération et les générations futures puissent survivre sur la planète. Consciente de la nécessité de protéger la santé et le bien-être des générations actuelles et futures et de l’environnement naturel, l’Alliance adopte les principes énumérés ci-après en matière d’environnement.

Principes environnementaux

  • Appuyer la définition de développement durable établie par la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (connue sous le nom de Commission Brundtland), soit : " un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ".
  • Appuyer un engagement envers l’élimination progressive de toutes les substances essentiellement toxiques, en particulier les substances persistantes et non dégradables.
  • Appuyer un engagement envers la protection contre les mises à pied reliées aux modifications environnementales. La sécurité d’emploi est une préoccupation fondamentale des travailleurs et des travailleuses, mais il est possible de concilier le plein emploi et la protection de l’environnement pour peu que des mécanismes de transition vers le développement durable soient mis en place.
  • Promouvoir le recours à des incitants financiers pour réduire la pollution. Lorsque la pollution ou la production de déchets sont inévitables, il convient de combiner aux mesures réglementaires l’imposition de redevances sur les émissions, d’une taxe à la production polluante, de taxes à la consommation ciblées et la consignation des emballages.
  • Élaborer des positions et des stratégies sur les problèmes environnementaux avant et pendant qu’ils se manifestent.

Éducation et formation

  • Mettre au point et diffuser des documents d’information sur l’environnement afin de maintenir la sensibilisation, d’améliorer la capacité des membres à résoudre les problèmes et de démontrer le sérieux des préoccupations de l’Alliance.
  • L’éducation des membres sur les questions environnementales est une priorité, car nous avons besoin de connaissances, de compétences et de ressources pour protéger l’environnement. Les gens doivent être responsabilisés à l’égard de l’environnement. La priorité doit être accordée à la préservation des ressources par la réduction des déchets, la consommation raisonnable et la réutilisation, de préférence au recyclage, lui-même plus acceptable que l’évacuation des déchets.

Législation

  • Préconiser l’adoption de lois et de règlements sur la protection de l’environnement et faire du lobbying à cet effet.
  • Favoriser le respect et l’exécution des lois et des règlements sur la protection de l’environnement et faire du lobbying à cet effet.
  • Promouvoir l’adoption de lois protégeant les " dénonciateurs " environnementaux et instaurant le droit de tous les travailleurs et travailleuses d’informer le gouvernement, le public et les médias des cas de pollution, que celle-ci soit légale ou non.
  • Promouvoir le droit des travailleurs et des travailleuses de refuser de polluer sans encourir des sanctions disciplinaires de la part de l’employeur.

Coalitions

  • L’Alliance continuera d’appuyer le Congrès du travail du Canada et de collaborer avec lui à la mise en œuvre de ses initiatives environnementales.
  • L’Alliance consultera au besoin les organisations vouées à la protection de l’environnement.
  • L’Alliance favorisera l’action communautaire et l’action en milieu de travail au niveau local puisqu’elles sont essentielles afin d’assurer un environnement propre et sain.

Prévention de la pollution

  • L’Alliance favorisera la réduction et l’élimination des polluants organiques et des produits chimiques toxiques, leur substitution par des produits non polluants et l’introduction de technologies propres.
  • L’Alliance favorisera la transition à des méthodes de production plus propres qui permettront de protéger l’emploi et la viabilité économique des collectivités, de répondre aux besoins sociaux et environnementaux, et d’améliorer la qualité de vie partout dans le monde.
  • L’Alliance fera du lobbying en faveur de l’adoption du " niveau zéro " d’émissions polluantes comme politique essentielle et réalisable de contrôle de la pollution.
Mise à jour : 14/05/03