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Santé et sécuritéPolitique 29 de l'AFPC
Le dépistage de l'alcool et des drogues en milieu de travail
L'Alliance de la fonction publique du Canada estime que la
consommation abusive ou impropre des drogues et de l'alcool constitue un problème de
santé publique sérieux qui peut affecter toute les couches de notre société et qui
doit être abordé de manière humaine et thérapeutique et non de manière punitive. De
plus, la consommation abusive ou impropre des drogues et de l'alcool ne constitue pas un
nouveau problème et les informations récentes démontrent que celui-ci n'est pas en
hausse au Canada. Par conséquent, les tests obligatoires de dépistage de l'alcool et des
drogues sont injustifiables.
Dans l'esprit de la plupart des gens, lorsqu'on réfère aux drogues, on pense tout de
suite à la consommation abusive de celles-ci et de l'alcool. En raison de la législation
qui a été mise de l'avant, nous devons considérer que les drogues comprennent les
drogues légales et illicites, l'alcool ainsi que les médicaments prescrits et en vente
libre (achetés sans ordonnance) et même les désinfectants.
Nous devons aussi envisager les drogues selon leur usage normal, abusif ou impropre. Si le
recours à un médicament prescrit se conçoit, il en va autrement si on en fait une
consommation impropre. La consommation abusive de tout médicament, drogue ou alcool
engendre de sérieux problèmes. Les conséquences pour les personnes concernées par le
projet de loi seront considérables puisque celui-ci prévoit l'analyse de toutes les
substances qu'il s'agisse de leur consommation ou de leur usage abusif ou impropre.
La politique de l'AFPC sur le dépistage des drogues et de l'alcool en milieu de travail
se résume comme suit:
- L'AFPC s'oppose formellement à toute forme de dépistage de
l'alcool et des drogues en milieu de travail.
- L'AFPC estime que le dépistage de l'alcool et des drogues
ne résoudra pas les problèmes d'usage abusif et impropre et n'aidera pas les personnes
affligées parce que ce mode d'intervention ne s'attaque pas à la cause du problème.
- En vertu de l'information disponible, l'AFPC estime que les
méthodes actuelles de dépistage de l'alcool et des drogues ne sont pas fiables et
peuvent causer un préjudice aux travailleuses et travailleurs.
- Appuyée en cela par des études canadiennes récentes,
l'AFPC considère qu'il n'existe pas d'épidémie de drogues au pays.
- L'AFPC reconnaît qu'il n'existe pas de preuves concluantes
qui établissent une relation entre la toxicomanie et la sécurité publique et entre la
toxicomanie et la sécurité au travail.
- L'AFPC estime que le dépistage de l'alcool et des drogues
constitue une violation de la vie privée et une menace à la dignité des travailleuses
et travailleurs.
- L'AFPC est convaincue que la solution au problème de la
consommation et de l'usage abusif et impropre des drogues et de l'alcool repose sur la
prévention, l'éducation, la réadaptation, le soutien syndical et les programmes
conjoints d'aide aux employé-e-s.
- L'AFPC reconnaît qu'elle doit protéger les droits de ses
membres y compris celui de préserver leur vie privée, le droit à un environnement de
travail sain et sans dangers et de s'assurer qu'aucune loi, politique ou programme ne
puisse compromettre ces droits.
Programme d'action de l'AFPC
Conformément à cette politique, l'AFPC s'engage à entreprendre les actions syndicales
suivantes:
Intervenir auprès des gouvernements fédéral, provinciaux
et territoriaux afin qu'ils interdisent le dépistage des drogues et de l'alcool en milieu
de travail.
Exercer les pressions requises sur tous les niveaux de
gouvernement afin qu'ils augmentent de façon significative ou qu'ils élaborent des
programmes de prévention, de formation et de préparation à la vie afin de faire échec
à la consommation abusive ou impropre d'alcool et de drogues.
Exercer les pressions requises sur tous les niveaux de
gouvernement afin qu'ils augmentent de façon significative les ressources consacrées à
la réadaptation y compris le financement de cliniques pour les travailleuses et
travailleurs.
Proposer des modifications à la Charte des droits et
libertés et à la Loi sur la protection des renseignements personnels afin d'y inclure
des articles qui protègent les travailleuses et les travailleurs contre le dépistage de
l'alcool et des drogues.
Fournir l'aide et le soutien appropriés à nos membres
dans les cas où le dépistage de l'alcool et des drogues est utilisé de manière
discriminatoire à leur endroit dans le milieu de travail ou pour enfreindre leurs droits.
- Promouvoir de l'aide syndicale et des programmes conjoints
d'aide aux employés. Là où un programme conjoint d'aide aux employés existe,
intervenir auprès de l'employeur afin de s'assurer que la confidentialité et l'anonymat
soient protégés, que les services soient disponibles aux familles des membres et que
l'aide requise soit prodiguée par des personnes compétentes y compris des conseillers
syndicaux.
- Faire pression pour l'élimination du stress dû au travail
ou à des facteurs sociaux qui mènent à la consommation de drogues et d'alcool et à
leur usage abusif ou impropre.
- Exercer des pressions auprès de tous les niveaux de
gouvernements afin qu'ils renforcent et appliquent les lois relatives à la santé et à
la sécurité.
- Faire pression sur le gouvernement fédéral afin qu'il
augmente les ressources de manière à interdire l'entrée de drogues illicites au pays.
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