Droits de la personne

21 mars : Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale

Chaque année, l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) souligne la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, qui a lieu le 21 mars. Avec la hausse marquée de la migration de la main-d'œuvre, l'accroissement de la population des groupes raciaux visibles, la marginalisation toujours plus grande des peuples autochtones et la crainte que soulève toujours le « terrorisme » au Canada, l'AFPC fait encore une fois appel à la solidarité nationale et internationale des membres du mouvement syndical et des groupes de justice sociale militant contre la discrimination raciale.

Des salaires inférieurs et un taux de chômage plus élevé, tel est le lot des travailleuses et travailleurs racialisés

D'ici 2011, l'immigration assurera à elle seule la totalité de la croissance nette de la main-d'œuvre canadienne. À l'heure actuelle, trois personnes sur quatre qui immigrent au Canada font partie de groupes racialisés. Une évidence troublante se dégage de cet état de fait : la discrimination raciale continue de dénier aux travailleuses et travailleurs immigrants et racialisés l'accès à un emploi valorisant et la parité salariale avec les travailleuses et travailleurs canadiens qui ne sont pas racialisés.

Un rapport publié en 2008 par Catalyst Canada, intitulé Career Advancement in Corporate Canada: A focus on Visible Minorities, conclut que les travailleuses et travailleurs racialisés étaient moins satisfaits de leur carrière, moins susceptibles de faire état d'expériences et de perceptions positives en lien avec leur milieu de travail et plus susceptibles d'avoir à affronter des obstacles sur leur lieu de travail que les travailleuses et travailleurs non racialisés. Cette conclusion rejoint celle tirée du Sondage annuel auprès des fonctionnaires fédéraux, qui révèle que les travailleuses et travailleurs racialisés de la fonction publique fédérale sont d'avis qu'ils font davantage l'objet de discrimination et de harcèlement.

PDF D'après le Recensement de 2006, au cours des 25 dernières années, l'écart entre les gains des immigrantes et immigrants récents — qu'ils détiennent ou non un diplôme universitaire — et ceux des travailleuses et travailleurs nés au Canada s'est considérablement élargi.

Le lieu de naissance, qui est un indicateur des caractéristiques culturelles, religieuses et ethniques des immigrantes et immigrants, a la plus forte incidence sur ce phénomène d'écart salarial; le fait de parler couramment le français ou l'anglais ainsi que les diplômes obtenus à l'étranger constituent également des facteurs contributifs. Cependant, les compétences linguistiques, la scolarité et le lieu de naissance PDF n'expliquent qu'une petite partie de l'inégalité des gains.

En outre, les immigrantes et immigrants récents continuent d'avoir PDF des taux d'emploi inférieurs et des taux de chômage supérieurs à ceux de la population née au Canada.

Chez les Autochtones, les taux de chômage ont chuté et les taux d'emploi ont augmenté entre 2001 et 2006. Toutefois, les Autochtones sont plus de deux fois plus susceptibles d'être sans emploi que les non-Autochtones.

Discrimination et profilage raciaux

Les institutions d'État et les organismes d'exécution de la loi continuent de pratiquer le profilage racial au Canada. Le Groupe de travail des Nations Unies chargé de l'examen périodique universel des pratiques de tous les pays en matière de droits de la personne, a publié en février 2009 son rapport provisoire sur le Canada. Ce rapport est axé sur les préjudices et la discrimination que subissent les peuples autochtones du Canada et sur la discrimination à l'endroit des communautés arabes, musulmanes et afro-canadiennes. Le Groupe de travail recommande spécifiquement au Canada de prendre des mesures pour mettre fin à la discrimination raciale à l'endroit des communautés arabes et musulmanes du Canada, de même qu'au profilage racial et religieux. Il demande en outre au gouvernement canadien de revoir ses lois nationales discriminatoires sur la sécurité et de mener des campagnes de sensibilisation afin d'interdire le profilage racial et les stéréotypes fondés sur la nationalité, l'origine ethnique, la descendance et la race en lien avec le terrorisme.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies signale aussi l'existence d'obstacles systémiques auxquels les peuples autochtones sont confrontés et presse le gouvernement canadien d'accroître ses efforts afin de régler les revendications territoriales; d'adopter toutes les mesures nécessaires afin de protéger les droits humains des peuples autochtones; d'accorder la première priorité au redressement des inégalités existantes; de renforcer et d'élargir les programmes actuels sur l'habitation, l'éducation et l'emploi; d'accroître l'aide sociale destinée aux enfants autochtones; de s'attaquer au grave problème de la violence faite aux femmes autochtones; d'adhérer à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, que le Canada refuse d'adopter.

Conférence d'examen à Durban en 2009

Le gouvernement fédéral conservateur a fait preuve d'un mépris flagrant face à l'inégalité raciale et à la situation critique des groupes raciaux visibles et des immigrantes et immigrants du Canada.

Un PDF programme d'action a été élaboré dans la foulée de la première Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, tenue par les Nations Unies à Durban (Afrique du Sud) en 2001. Les États participants ont été invités instamment à mettre en œuvre le programme d'action, mais le gouvernement fédéral conservateur a boycotté la conférence d'examen de 2009, qui a pour objectif de passer en revue les progrès réalisés et la mise en œuvre de la Déclaration de Durban et du programme d'action.

Toutefois, l'AFPC participera à la conférence en tant que membre de la délégation syndicale canadienne, qui fera connaître le point de vue des syndicats canadiens et exercera des pressions sur le gouvernement du Canada pour qu'il s'acquitte de ses obligations internationales.

Combattre le racisme : c'est dans notre intérêt en tant que syndicat

Le racisme a un effet destructeur sur nos membres et sur notre solidarité, les deux piliers de notre force. En tant que syndicat, il est dans notre intérêt de contribuer à la suppression des obstacles à une société juste et équitable.

En cette Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, nous demandons au gouvernement fédéral de prendre les mesures suivantes :

  • régler la question des salaires inférieurs et de la sous-représentation des travailleuses et travailleurs racialisés dans la fonction publique fédérale en relançant et en finançant de nouveau l'initiative « Faire face au changement »
  • éliminer le profilage racial et réviser les politiques gouvernementales en matière d'immigration et d'autres programmes d'action (dont ceux visant les travailleuses et travailleurs étrangers temporaires et la reconnaissance des diplômes étrangers) discriminatoires à l'endroit des groupes racialisés
  • participer à la conférence d'examen des Nations Unis à Durban
  • respecter les droits des peuples autochtones et honorer ses engagements aux termes de l'accord de Kelowna
  • régler la crise de l'eau dans les collectivités des Premières nations
  • mettre fin à la discrimination de genre à l'endroit des femmes autochtones
  • adhérer à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Date de modification : 2010/01/29

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