Programme des femmes
Déclaration de l'AFPC – Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes
Le 6 décembre 2009
Cette année marquera le 20e anniversaire du massacre qui a eu lieu à l'École Polytechnique de Montréal, au cours duquel Marc Lépine a tué 14 jeunes femmes. Cet exemple extrême de violence à l'endroit des femmes est souligné le 6 décembre de chaque année, et il restera à jamais gravé dans notre mémoire collective.
Lorsque ce crime misogyne a été perpétré, des femmes et des hommes de partout au pays ont promis de surmonter leur peine et leur indignation pour passer à l'action : nous sommes descendus dans la rue; nous avons signé des pétitions; et nous avons exercé des pressions sur les gouvernements pour qu'ils adoptent des mesures efficaces pour mettre fin à toutes formes de violence contre les femmes. Presque vingt ans plus tard, la violence exercée contre les femmes demeure endémique : violence conjugale, agression sexuelle, inceste, sévices sexuels, harcèlement racial, autant d'actes de violence qui continuent de tourmenter les femmes, particulièrement les plus vulnérables de la société.
Au cours des vingt dernières années, le gouvernement fédéral a ratifié des déclarations internationales, adopté des plans d'action et fait maintes promesses aux Canadiennes… mais sans grands résultats. Et là, le gouvernement Harper a donné son appui au projet de loi C-391, qui abolirait le registre des armes d'épaule. Rappelons-nous que ce registre avait été mis en place dans la foulée de la tuerie à Polytechnique. Aux termes du projet de loi, non seulement les propriétaires de fusils et de carabines ne seraient plus obligés d'enregistrer leurs armes, mais il faudrait aussi détruire plus de huit millions de dossiers. Pourtant, le taux d'homicide conjugal commis avec une arme à feu a diminué de 50 % depuis la création du registre. Les policiers canadiens interrogent le registre des armes à feu plus de 10 000 fois par jour, ce qui leur permet de vérifier s'il y a un fusil ou une carabine dans les lieux où ils doivent intervenir, ce qui est particulièrement important au moment de régler les querelles conjugales. Pourquoi le gouvernement fédéral veut-il abolir un programme qui a fait ses preuves et réduit la violence faite aux femmes?
Le gouvernement fédéral fait aussi avancer son programme axé sur la loi et l'ordre. Il propose, notamment, d'augmenter le nombre de crimes qui entraînent l'imposition de peines minimales obligatoires et d'imposer des peines plus lourdes pour certains crimes. Mais il fait fausse route. En abolissant le pouvoir discrétionnaire des juges au moment de déterminer les peines, le gouvernement ouvre la voie à l'injustice et à l'arbitraire.
La vraie solution à la violence contre les femmes est l'adoption de programmes économiques et sociaux : garderies; logement social; prestations d'aide sociale majorées; accès à la justice; pensions adéquates; sécurité pour les femmes autochtones; équité en emploi pour les immigrantes et les femmes appartenant aux groupes raciaux visibles; et programmes permettant aux femmes handicapées de surmonter les nombreux obstacles à leur réalisation. De telles mesures donneront aux femmes une autonomie économique et une protection sociale leur permettant d'échapper à la violence et de trouver la sécurité.
En cette triste journée de commémoration, l'AFPC et ses membres veulent plus que des souvenirs et des promesses creuses. Nous voulons que le gouvernement prenne des mesures concrètes et immédiates pour faire cesser la violence contre les femmes!
Date de modification : 2010/01/29






